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23 juillet - Messe à l'église sainte Anne pour de la fête de la mer
23 juillet 2017 - église Sainte Anne © Manex Barace

23 juillet - Messe à l'église sainte Anne pour de la fête de la mer

Hommage pour tout marin © Manex Barace

16ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE    A

Fête de la Mer - 23 juillet 2017

          Jésus aimait bien raconter ces petites histoires, qu’on appelle paraboles, pour faire réfléchir son auditoire.

          Chaque fois, il fallait deviner le sens caché.

          Exercice que je vous propose de vivre ce matin avec moi.

          Il y a deux semeurs dans cette parabole : le semeur du jour qui est le bon semeur, celui qui a jeté en terre les grains de blé ; et puis il y a le semeur de la nuit, qui, lui, oh le gredin, a semé au même endroit de la mauvaise herbe, de l’ivraie. Dans la langue grecque, savez-vous comment on appelle l’ivraie ? la zizanie. D’où l’expression « semer la zizanie. »

          On voit bien qu’il y a problème. Quelle sera l’issue de cette moisson ? Vers quelle récolte irons-nous ?

          D’ailleurs les serviteurs du bon Semeur, pris de panique et de colère sont prêts à vite arracher l’ivraie.

          Or leur maître s’y oppose : « Pas si vite ! » ; il sait que l’ivraie en herbe ressemble comme deux gouttes d’eau au blé en herbe, et qu’il ne faudra pas en l’éliminant arracher les bons épis.

          « Pas si vite ! » maintient le bon Semeur, c’est-à-dire : attendez jusqu’à la moisson, autant dire jusqu’à la fin des temps.

          Finalement le bon Semeur qui représente Dieu n’a pas peur pour la réussite de son œuvre. Quelles que soient les menaces, c’est le bien qui gagnera.

Il faut laisser sa chance même au plus affreux des hommes et jusqu’à la dernière minute. Dieu est patient, il est miséricorde, lent à la colère et plein d’amour.

          Voilà une signification de cette parabole qui nous dit comment est Dieu.

          L’autre signification, qui la complète, est une invitation pour nous les humains à vivre avec le mal au milieu du bien…

          Comme l’homme de mer qui vit autant dans la tempête que sur la mer d’huile, comme la femme de pêcheur qui voit son mari de retour avec joie alors que sa voisine avait perdu le sien lors d’un naufrage, comme chacun de nous qui nous prenons pour des loups de mer mais que les épreuves font chavirer si vite.

          Je pense là à ce premier anniversaire, il y a deux jours, de l’assassinat terroriste du père Jacques HAMEL de Notre Dame de Rouvray ; et en même temps à des retours presque miraculeux de jeunes enrôles dans le djihad qui retrouvent leur port d’attache familial et social pour la plus grande joie de tous.

          D’autres diraient, qu’il y a toujours le Jing et le Jang, le bien et le mal, la lumière et les ténèbres.

          C’est cela que nous devons vivre, frontalement, comme une vague qui éclate sur nous, comme une déferlante qui déstabilise notre société.

          Bien sûr, nous aimerions laisser le mal au dehors et l’envoyer au diable. Le faire couler dans les fonds marins pour qu’il disparaisse à tout jamais.

          Mais le semeur de nuit habite souvent sous le même toit que le semeur du jour. Ils sont jumeaux. Ils sont deux frères. Comme deux navires identiques, sister-ships…

          Et il y a, en nous-même, le haut et le bas, l’humain et l’inhumain. Ils coexistent au plus intime de nous-mêmes et parfois cela nous bouleverse.

          A ce propos, je vous partage le conte amérindien que ma sœur a lu aux obsèques de notre mère, la semaine dernière :

          Un vieil indien explique à son petit-fils que chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent bataille.

Le premier loup représente la sérénité, l’amour et la gentillesse.

Le second loup représente la peur, l’avidité et la haine.

« Lequel des deux loups gagne ? » demande l’enfant

« Celui que l’on nourrit » répond le grand père.

          Certes ces deux loups sont bien là partout, en nous et autour de nous. Mais n’ayons pas peur du méchant loup ; nourrissons le loup affectueux ; alors le premier n’aura plus que la peau et les os. Et l’autre sera beau et ami de l’homme.

          Faisons tout, mes amis, pour faire reculer le mal, pour que le semeur de nuit rebrousse chemin.

          Restons debout, c’est-à-dire responsables, face à l’horreur et aux menaces, comme un fier équipage qui en a vu d’autres, pour empêcher le mal de passer, pour empêcher l’abordage puis le naufrage.

          Le mal n’aura pas le dernier mot.

          C’est le bien qui l’emportera, c’est la moisson de blé et non celle de l’ivraie qui gagnera.

          Et cela sera effectif dans le Royaume de Dieu où nous nous retrouverons tous après notre traversée humaine ; car le port qui nous accueillera c’est bien le ciel

où tout ne sera que réussite et amour.

          Mais en attendant, ne quittons pas le bateau, ne lâchons l’équipage. Ne fuyons pas le mal mêlé au bien. Face au vents contraires et aux tempêtes qui menacent la justice, la fraternité et la paix, ayons l’œil vif pour voir par quelle route naviguer, et avec qui garder le cap.

          Le Christ est le maître du navire et des flots. Avec lui, tenons pavillon haut !

          Il nous mène toujours à bon port.

          Alors pas de crainte, larguons les amarres. Amen.


 

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