Logo Notre Dame de la Bidassoa

Homélie de l'Ascension du Seigneur
. © ND de la Bidassoa

Homélie de l'Ascension du Seigneur

. © ND de la Bidassoa

ASCENSION DU SEIGNEUR   B

 

Pour ne rien vous cacher, la fête de l’Ascension me laisse toujours le cœur partagé entre deux sentiments un peu contradictoires.

Le premier sentiment : je suis saisi de tristesse : Jésus n’est plus visible dans son corps glorifié. Après un temps où il s’est manifesté vivant, ressuscité, à ses apôtres, il disparaît à leurs regards. Pourtant il l’avait dit à Marie-Madeleine au matin de la résurrection : « Cesse de me tenir ; je ne suis pas encore monté vers le Père ».

Comment ne pas être saisi d’une sensation de deuil devant l’absence visible du Bien Aimé ?

Le deuxième sentiment : je ressens une joie discrète qui monte de mon cœur. Dans la nuit de l’Absence, voilà que nous sommes invités à une Présence plus profonde.

          Car Jésus, par l'Ascension, ne disparaît pas. Il change de mode de présence. Il reste présent dans le don du Saint-Esprit que nous fêterons à Pentecôte, il reste présent dans la parole des apôtres, il reste présent dans la communauté rassemblée pour la prière et les sacrements, et il reste présent dans le service des frères surtout les plus petits.

          Le départ de Jésus ressuscité vers les cieux signifie moins la fin d’une histoire que le début de l’éternité, de notre éternité.

          Si Jésus n’était pas « monté » au ciel, il serait encore parmi nous, au milieu de nous, extérieur à nous, comme nous demeurons extérieurs les uns aux autres, et il serait limité à un endroit à la fois.

          Son départ dessine un nouveau mode de présence, non plus une présence proche et visible mais plutôt une présence tout intérieure et universelle, hors frontière et hors du temps.

          Une vraie présence, vécue sur le mode de l’absence, un peu comme lorsque nous vivons un deuil, ce temps nécessaire pour que l’être décédé vive à jamais en nous.

          Jésus est libéré des limites du corps, il n'est plus à côté de nous, mais par sa mort, sa résurrection et à sa glorification, il est maintenant au cœur de nous-mêmes.

          « Je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la fin des temps. Demeurez en moi comme moi en vous. » 

          L'Ascension est un aspect nouveau du Mystère de Pâques. Le Christ nous prive des apparences de sa Présence pour nous donner ce qu'Il est, sa dimension infinie et indicible qu'il reçoit de son Père, grâce au dynamisme de l'Esprit.

          Il fallait qu'Il disparaisse pour transparaître :

          Quand on dépasse le deuil d’un proche, quand on assume l'absence pour découvrir une autre présence, on entre dans le mystère du Grand Passage, et l’on peut alors vivre intensément l'Ascension.

          On peut fermer les yeux, quitter les écorces de la vie sensible, plonger dans la nuit de la foi pour descendre au fond de soi-même, là où Dieu peut établir sa demeure, et nous attend.

          On se découvre conduit aux dimensions de Dieu, on peut aller au-devant des autres, les rencontrer et les aimer comme il nous dit de le faire. « Allez dans le monde entier. Proclamez l’évangile à toute la création. » 

          Et la joie peut crépiter comme un feu au cœur d’une nuit froide de printemps, parce que, dans « les vases fragiles » que nous sommes, la présence du ressuscité silencieusement rayonne et éclaire le monde encore prisonnier des ténèbres de la peur.

          Nous, n’ayons pas peur, ni des démons, ni de la diversité des langues, ni serpents, ni poison mortel… en tout cela nous sommes les grands vainqueurs avec la grâce et la force du Christ ! C’est l’évangile d’aujourd’hui.

          Alors il nous est demandé d’imposer les mains aux malades, à une société malade contagieuse d’égoïsme, de fausses puissances, de vaines richesses… laissant sur le bord du chemin tant de pauvres, tant de déserts spirituels.

         

          Nous devons tendre, imposer les mains à notre monde car le Seigneur Jésus n’a plus de main ici-bas, il a nos mains pour le faire. Il nous demande de le faire.

          Notre tache est belle quoique à contre-courant. Et nous ne sommes pas trop laïcs, religieux, évêques, prêtres et diacres, pour oser vivre dans ce monde que le Christ ne veut pas abandonner mais qu’il nous confie depuis son Ascension.

          Dans 10 jours, en célébrant Pentecôte, le don de l’Esprit Saint, nous réaliserons encore davantage que nous sommes revêtus de son Esprit, de son Amour… pour être son Eglise experte en humanité… qui doit tirer vers le haut et vers le large notre société en quête de souffle nouveau.

                                                                     Amen

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.