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Homélie de la Fête de la Mer - 16ème dimanche du temps ordinaire
. © ND de la Bidassoa

Homélie de la Fête de la Mer - 16ème dimanche du temps ordinaire

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16ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Messe de la Fête de la Mer

 

          Comme l’océan est vivant entre flux et reflux, entre marée haute et marée basse, entre calme et tempête, cette page d’évangile nous relate une portion de la vie des apôtres de Jésus qui vivent à leur tour ce double mouvement permanent entre l’action et le repos ; c’est ainsi que le Seigneur leur a demandé de s’immerger dans la Mission : entre le « allez deux par deux ! » (c’était l’évangile de dimanche dernier) et le « reposez-vous un peu » (c’est l’évangile de ce jour).

          On a dit aussi que l’équipe de France de foot, s’était préparée à sa finale victorieuse du Mondial par une longue période de repos ; l’expérimenté Didier Deschamps savait bien que, quoique jeune et talentueuse, son équipe devait se mettre à l’écart de la pression médiatique, le corps et l’esprit au repos.

          C’est par définition le rôle des vacances. Et vous, amis estivants, malgré le mauvais temps, mais ce n’est qu’un peu d’eau, vous êtes venus chez nous pour redonner à vos corps, à vos esprits, à vos relations familles, leur plus belle forme.

          Jésus sait ce qui nous marque. Il sait que la fatigue risque d’inonder ses apôtres envoyés en mission en son nom ; comme il sait ce qui nous fatigue et même nous épuise aujourd’hui nous qui sommes chrétiens et/ou engagés à divers titres au cœur du monde.

          Alors laissons-nous étonner par cette attention, par cette délicatesse du Christ. Il ne nous envoie pas au casse-pipe. Il prend soin de nous. A nous, alors, d’écouter sa voix : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu ».

          Vous me direz : voilà un message bien terre à terre. N’importe qui pourrait donner ce conseil, au demeurant tout à fait censé.

          Vous avez raison ; mais quand ce message vient de Jésus, du Fils de Dieu, de Dieu lui-même, c’est que tout notre être, même physique, est dans les mains du Seigneur et qu’il en prend soin car nous sommes ses enfants. Par conséquent nous sommes frères et sœurs et nous avons la charge que chaque personne autour de nous soit respectée, accompagnée, conseillée. Et le repos fait partie de notre responsabilité et pour nous et pour les autres.

          C’est bien pour cela que Jésus s’est fait chair. Pour tout connaître de notre vie : et nous l’avons vu fatigué lui-même au bord du puits de Samarie, demandant de l’eau à une femme étrangère.

          Nous qui sommes le Corps du Christ pour aujourd’hui, son peuple, lui continué, nous devons veiller à cet équilibre entre mission à 100 pour 100 ; et repos du corps et de l’esprit, dans le calme, la prière, la méditation, la réflexion, l’amitié paisible avec les nôtres, l’émerveillement devant la nature et ses merveilles.

          De leur côté que font les équipages de tous les bateaux et navires pour durer ? S’il n’y a pas à bord, cette respiration entre tension et calme, c’est invivable. Sur mer, on ne pas quitter le navire pour aller voir ailleurs et se détendre, c’est sur place qu’il faut créer les conditions d’un vivre-ensemble équilibré, et ce n’est pas gagné d’avance.

Que soient aujourd’hui mis à l’honneur, en cette Fête de la Mer, tous ceux qui naviguent ensemble, en équipes. Ils sont pour nous un modèle ! Qu’ils en soient remerciés.

En fermant les yeux on peut les imaginer sur les mers et les océans pour le travail de la pêche, le transport marchand, les missions militaires, mais aussi les loisirs nautiques. Et il faut ajouter tous les sauveteurs en mer de chez nous, comme de bien plus loin, qui secourent les imprudents mais aussi les migrants en quête de liberté dans des embarcations de fortune.

          Que de monde ensemble sur cette immensité d’eau !

          Alors je rêve, comme Jésus, que toute l’humanité renouvelée et réconciliée sache se reposer avec reconnaissance mutuelle avant de se disperser pour le travail intense de l’humanisation de notre planète.

          C’est la respiration de Dieu, son souffle toujours créateur, qui doit nous inspirer pour faire respirer notre monde asphyxié.

                                                                                                                      Amen

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