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Homélie de la fête de Sainte Cécile
Sainte patronne des musiciens © ND de la Bidassoa

Homélie de la fête de Sainte Cécile

Souvenir du martyr de Sainte Cécile. Reliquaire Albi © ND de la Bidassoa

Fête de Sainte Cécile 2017

 

          Chers amis musiciens et chanteurs, votre Sainte Patronne, Ste Cécile, vous donne l’occasion une fois par an, et c’est ce soir, de vous rassembler dans la diversité de vos talents et de vos tonalités.

          Pourquoi ce rendez-vous à l’église ?

          Tout d’abord pour rendre gloire à Dieu, pour jouer et chanter pour le Seigneur, comme le faisait la jeune Cécile depuis son enfance, également le jour de son mariage et jusqu’au moment de son martyr au IIIème siècle.

          Pourquoi encore ?

          Pour que vous nous montriez, chers musiciens, combien se mettre ensemble pour le beau et le bien est aussi une aventure humaine qui demande compétence, exigence, attention, respect de l’écriture musicale, obéissance au maitre de chœur ou au chef d’orchestre.

Comme Cécile entraina son mari Valérien et son beau-frère Tiburce à ne pas céder à la vénération des divinités romaines mais à rester fidèles au Christ. Leur foi n’a pas chancelé, leur voix n’a pas tremblé, tous les trois ont suivi la partition de l’évangile qui animait toute leur vie.

          L’évangile qui anime toute la vie ! l’évangile qui est partition pour la vie ! l’évangile qui est harmonie offerte !

          Ainsi le texte évangélique de St Luc que nous venons d’entendre est une parabole de Jésus pour parler de la fin des temps.

          Nous y voyons d’abord le fils de l’homme (c’est Jésus lui-même ; au lieu de dire « je » il dit « le fils de l’homme ») ; il siège sur son trône, toutes les nations étant rassemblées devant lui… un peu comme un chef d’orchestre, un maitre de chœur qui fait son débriefing après un concert.

          On peut ainsi comparer la vie du monde, l’existence des peuples à un grand concert, ne parle-t-on pas parfois de « concert des nations » ? … alors le Christ, dans cette parabole, félicite en premier lieu les bons musiciens de ce grand concert dont la « partition de l’amour » a été admirablement jouée, en leur disant merci de l’avoir nourri, lui Jésus, de l’avoir abreuvé et vêtu, de l’avoir accueilli et visité. Et il leur révèle que ce qu’ils ont fait au plus petits de ses frères, c’est à lui, Jésus, qu’ils l’ont fait.

          En second lieu, il fait remarquer aux autres qu’ils l’ont déçu quand ils ont joué faux ou de façon sauvage la partition de l’amour, ignorant alors qu’il se cachait, lui Jésus, derrière le visage de ceux qui ont faim, soif et froid, qui sont étrangers, malades ou en prison… et pour lesquels ils n’ont rien fait.

          Dimanche dernier le pape François a rassemblé

7 000 nécessiteux à Saint-Pierre de Rome pour la journée mondiale des pauvres. Il a déclaré alors : « Nous sommes souvent dans l'idée de n'avoir rien fait de mal et nous nous en contentons, présumant être bons et justes » … « Mais ne rien faire de mal ne suffit pas. Parce que Dieu n'est pas un contrôleur à la recherche de billets non compostés, il est un Père à la recherche d'enfants à qui confier ses biens et ses projets ». Les pauvres, « si aux yeux du monde, ils ont peu de valeur, ce sont eux qui nous ouvrent le chemin du ciel »

          Ce chemin du ciel, Ste Cécile ne l’a jamais quitté des yeux ni du cœur ; jusqu’à être accueillie dans la joie de Dieu ; et avoir été déclarée Sainte par l’Eglise ; et aujourd’hui vénérée par nous.

          Ce chemin nous devons aussi le prendre sans dévier : le chemin de la sainteté, mes amis ; le chemin du ciel mes frères et sœurs ! Pas seuls, ensemble, en mettant en commun tous nos talents, instruments et voix,

générations et vocations, pour qu’une autre musique fasse danser ensemble petits et grands, blancs et noirs, juifs chrétiens et musulmans, riches et pauvres...

          Ce chemin de la sainteté doit être parcouru les yeux ouverts sur ce qui abîme les êtres humains et non les yeux fermés sur ce qui nous entoure. Et ces situations inhumaines, nous devons tout faire pour les éradiquer.

Comment ne pas évoquer aujourd’hui les violences faites aux femmes, les migrants trainés en esclavage en Lybie, l’attentat meurtrier d’hier dans une mosquée d’Egypte, les chrétiens d’Orient persécutés, martyrs d’aujourd’hui à la suite de Ste Cécile, et encore tant de sarcasmes contre les chrétiens, enfants et adultes de nos villes, comme s’ils devaient s’excuser d’être croyants.

          Que Sainte Cécile nous aide à ne pas lire nos partitions à l’envers… alors le monde tournera à l’endroit !

                                                           Amen.

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