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Homélie de la Sainte Famille
Jésus au Temple au milieu des Docteurs © ND de la Bidassoa

Homélie de la Sainte Famille

Jésus parle à ses parents : &quotNe saviez-vous pas.... ?" © ND de la Bidassoa

SAINTE FAMILLE   2018

          On peut aisément imaginer et comprendre l’angoisse des parents de Jésus. Le petit est perdu ; où est-il ? Ils le cherchent partout. « C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent » précise l’évangile en Saint Luc.

          Précision précieuse, pourrait-on dire !

          Enfin, il faudra aussi trois jours pour le reconnaître vivant ; devenu adulte Jésus l’annoncera au siens : « Voici que nous montons à Jérusalem, et que va s’accomplir tout ce qui a été écrit par les prophètes sur le Fils de l’homme.

En effet, il sera livré aux nations païennes, accablé de moqueries, maltraité, couvert de crachats ;

après l’avoir flagellé, on le tuera et, le troisième jour, il ressuscitera. »

          C’est aussi le troisième jour, après avoir été annoncé comme l’agneau de Dieu par Jean-Baptiste, que Jésus accomplira son premier miracle à Cana (cf. Jn 2,1s)

Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.

Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin.

Et nous connaissons la suite de l’eau changée en vin.

          Ce « troisième jour signifie » chaque fois que la promesse est accomplie. Que le Seigneur est réellement là, bien présent et agissant.

          Effectivement, en revenant à l’évangile d’aujourd’hui que voyons-nous ?

          Après la prise de conscience du vide, après la peur et la recherche, c’est le troisième jour que les parents de Jésus le retrouvent et d’une certaine manière le redécouvrent, différent, dans toute son autorité, « assis » et pas n’importe où : « au milieu des docteurs de la Loi. »

          Lui, l’enfant à peine âgé de 12 ans, âge du passage de l’enfance à l’âge presque adulte, le voilà qui écoute avec attention et en même temps qui répond aux questions. Il reçoit la science humaine des savants et les éclaire à son tour.

          Cette attitude et ce va-et-vient se retrouveront souvent dans les Évangiles où Jésus écoute puis enseigne… et chaque fois Jésus accomplit ainsi la promesse.

          Le passage choisi par la liturgie pour ce premier dimanche après Noël tombe à point nommé pour éclairer justement l’identité de Jésus. Il dépasse déjà la    

compréhension de ses parents démunis et qui réagissent comme des parents normaux : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »

          Mais Jésus est déjà bien loin, au-delà de ces principes familiaux quand il leur répond : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

          Il est au-delà de la logique humaine et cette réponse, presque insolente, rejoint bien ce qu’il dira, plus tard : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? »

          Rien ne peut retenir le Fils de Dieu qui a une mission à accomplir. C’est ce même passage que l’Église a choisi pour célébrer la Sainte Famille.

          Cette première cellule si essentielle pour la venue de Jésus est à la fois son espace de croissance, mais aussi le tremplin pour sa mission et s’il ne manifeste jamais ouvertement quelque tendresse à l’égard de sa mère ou de Joseph, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il a été l’enfant respectueux, docile, « soumis » ; c’est bien ce que précise notre page d’évangile : « Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes ».

          Voilà comment s’accomplit la promesse de Jésus dès les débuts de sa vie sur la terre. Il est à la fois fils de l’homme et Fils de Dieu. Cet enfant n’est pas et ne sera pas n’importe qui. Il faudra encore se laisser étonner par lui… jusqu’à ce fameux troisième jour qui illuminera sa croix. Promesse de Vie !

Quant à ses parents, Marie et Joseph, ils incarnent bien cette humanité à la fois porteuse et à la fois bénéficiaire de la présence du Sauveur.

Ils sont à la fois ceux qui éduquent, favorisent tout apprentissage et en même temps ils sont dépassés, ne comprenant pas toujours tout, méditant dans leur cœur toute expérience nouvelle, et même recevant comme un tabernacle toute la richesse d’une telle présence mais sans rien enfermer, sans rien posséder.

Recevons cette leçon pour nous convertir et devenir à notre tour, les témoins émerveillés de Jésus qui nous sauve en nous déplaçant toujours.

Que nos familles découvrent ou redécouvrent le Christ Jésus présent au cœur de leur vie. Pas un Jésus magicien mais celui qu’il faut toujours chercher même quand on l’a perdu, surtout si on l’a perdu !

Alors rien n’est comme avant, même pas l’amour.

          

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