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Homélie du 22ème dimanche du temps ordinaire
. © ND de la Bidassoa

Homélie du 22ème dimanche du temps ordinaire

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22ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE C

            Deux petites phrases à retenir des textes de ce dimanche : « Accomplis toute chose dans l’humilité », et « Heureux es-tu lorsque tu invites à ta table ceux qui n’ont rien à te rendre. »

          C’est dans l’humilité et la gratuité que Dieu s’est manifesté aux hommes ; et cela, en son fils Jésus, humble serviteur de ses frères et messie crucifié.

          Dieu a inauguré une manière nouvelle d’entrer en relation avec les hommes et les femmes, et c’est ainsi qu’il nous invite à venir vers lui, comme nous le rappelle la lettre aux Hébreux :

Quand vous êtes venus vers Dieu, 
vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle […]

          Cette alliance nouvelle en Jésus engendre de fait une alliance nouvelle entre les hommes, un monde nouveau.

          Le pape François disait au sanctuaire de Czestochowa, lors de récentes JMJ : [[ Dieu nous sauve en se faisant petit, proche et concret. Avant tout, Dieu se fait petit. Le Seigneur, « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), préfère les petits, auxquels est révélé le Royaume de Dieu (Mt 11, 25) ; ils sont grands à ses yeux et il tourne son regard vers eux (cf. Is 66, 2). Il a une prédilection pour eux, parce qu’ils s’opposent à l’“arrogance de la vie” qui vient du monde (cf. 1Jn 2, 16). Les petits parlent la même langue que Dieu : l’amour humble qui rend libre. ]]

          C’est aussi ce que conseillait Ben Sirac le Sage dans la première lecture de ce dimanche :

« Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité… 
Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : 
tu trouveras grâce devant le Seigneur. »

 

Dans l’évangile de ce jour, en Saint Luc, nous entendions : « Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas ».

L’hôte, l’invitant, n’est pas n’importe qui : puisqu’il s’agit d’un chef des pharisiens. Et pas n’importe quand, puisqu’il s’agit du repas d’un vendredi soir quand s’ouvre le sabbat, au cours duquel les discussions religieuses vont bon train.
          Remarquant que les invités choisissaient les premières places, Jésus leur dit une parabole qui se termine par « quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Cette parole de Jésus rappelle celle que chantait la Vierge Marie le jour de la Visitation : « Il s’est penché sur son humble servante. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. »

          Jésus dénonce l’esprit même des pharisiens. Il faut savoir en effet que les repas pharisiens sont des repas où l’on se retrouve entre personnes qui sont au même degré de pureté rituelle et de stricte observance des préceptes de la loi. Des repas dont sont exclus les publicains, les femmes, et toutes personnes qui ne seraient pas en règle vis-à-vis des prescriptions concernant les purifications rituelles.

          Or la Loi de Dieu n’est pas faite pour établir des barrières, des ségrégations entre les croyants, comme si certains étaient plus purs et plus méritants que d’autres et au-dessus d’eux, mais pour que tous soient accueillis et se comportent avec humilité et fraternité.

D’où cette volée de bois vert que lance Jésus :

 « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner,
n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins… Au contraire, … invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

   

Lui, Jésus, fait ce qu’il enseigne : et on lui reprochera sans cesse, jusqu’à le pendre sur une croix, de prendre son repas avec les pécheurs notoires.

Eh bien c’est ce qu’il attend de nous, ses amis, sa communauté, sa paroisse ici chez nous :

Pauvres et pécheurs doivent y être les premiers invités.

Nous sommes trop souvent des chrétiens de l’Ancien Testament, arrogants comme des pharisiens, et au lieu de suivre le Christ et sa nouvelle alliance, nous somme attachés à des pratiques qui nous sécurisent mais en excluent plusieurs. Ainsi, on blesse ou scandalise les plus faibles : c’est le pire des péchés d’une paroisse !


          Est-ce que par nous, par notre façon d’accueillir, de parler et de regarder les autres, nous agissons comme Dieu ? à l’image de son cœur ?

Notre rôle, notre mission est donc de les inviter à partager le repas avec nous, et surtout de les inviter à prendre les premières places.

N’oublions pas non plus de nous inviter chez eux – comme le faisait Jésus – quels que soient leur rang social, leur perfection morale, leur misère physique ou spirituelle.

Et cet appel du Seigneur ne se limité à l’accueil dans l’église, le dimanche, ou dans nos divers groupes paroissiaux.

La messe et toute la vie paroissiale doivent être prophétiques pour la vie en société. Elles doivent susciter en tous, dit le pape « une saine et permanente insatisfaction… qui ne peut alors entrainer qu’un changement social de manière que, désormais, il ne puisse plus y avoir d’exclusion ».

Il reprend là ce qu’écrivait saint Jean-Paul II : « Si nous sommes vraiment repartis de la contemplation du Christ, nous devons savoir le découvrir surtout dans le visage de ceux auxquels il a voulu, lui-même, s’identifier. »

Mes bien chers amis, confions à la Vierge Marie, en ce début du mois de septembre où tout recommence, le trésor de l’humilité qui doit briller en nous et autour de nous. Qu’elle nous tienne dans les plis de son manteau pour que nous ne quittions jamais le chemin de la sainteté.

                                                           Amen


 

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