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Homélie du 23ème dimanche du temps ordinaire
. © ND de la Bidassoa

Homélie du 23ème dimanche du temps ordinaire

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23ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE    C

 

          Cet été j’ai eu la joie d’aller sur le camp des scouts de la paroisse, près d’Ustaritz, pour y célébrer la messe en plein air.

          J’apprenais ensuite qu’ils avaient fait une belle randonnée en montagne, non loin de là.

          Le maître mot, pour un randonneur, c’est « attention au poids » ; il faut des sacs à dos les plus légers possibles pour marcher dans de bonnes conditions.

Je ne vais pas vous apprendre ça à vous qui avez gravi le Xoldo de tous les côtés depuis votre enfance.

          Le livre de la Sagesse pressentait aussi combien il est difficile d’atteindre certains sommets de la vie spirituelle, et combien d’obstacles sont à franchir dans la vie du croyant authentique :

il le dit par cette image intéressante : « une enveloppe d’argile alourdit notre esprit. »

          Cependant, une sagesse nous est donnée pour rester légers, c’est « l’Esprit Saint envoyé d’en haut » précise la première lecture.

          Celui qui a été envoyé d’en haut, rempli de cet

Esprit Saint, c’est Jésus, il y a plus de 2000 ans, le Fils de Dieu Sauveur… et sa parole est bonne nouvelle.

          Or aujourd’hui, elle est un peu difficile à admettre, le raidillon nous fait souffrir.

         

          Ce qu’il dit peut se résumer à un mot : « Préférer ».

Qui préférons-nous dans nos vies ?

Souvent ceux qui nous aiment et que nous aimons.

          Or aimons-nous suffisamment le Christ… croyons-nous qu’il nous aime le premier et depuis toujours ?

          Souvent vivre la religion, c’est accomplir un devoir.

          Cela ne suffit pas… il nous est proposé une relation personnelle avec un vivant, le Christ.

          Il est bien sûr plus naturel d’aimer ceux qui sont autour de nous : famille, amis… et de s’attacher à ce que nous voyons et possédons.

          Jésus nous pose alors une question radicale : « et moi, est-ce que tu m’aimes au moins autant que ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, tes biens matériels… ? »

« et bien je te demande encore plus… de m’aimer par-dessus tout et plus que tout. »

          Cela me fait penser à ce que me disait ma vieille amatxi quand je disais à tire larigot : « J’adore ceci ou j’adore cela »

          Elle me criait dessus : « Haurra, on n’adore que Dieu ». Quelque part elle m’éduquait à préférer le Christ à tout.

          Or cela est bien souvent au-dessus de nos forces ; mais nous devons au moins y tendre… comme on regarde depuis le bas d’une montagne vers son sommet ; nous savons bien que nous ne pourrons pas, pour l’instant, la gravir jusqu’en haut, mais nous décidons d’en gravir au moins une partie… toutefois sans perdre de vue, qu’un jour, le sommet sera atteint.

          Alors sur cette montagne chacun de nous a commencé à monter… chacun son chemin, son sentier… chacun son allure de marche… l’essentiel est d’avancer, de ne pas s’arrêter.

          Il faut alors avoir le courage de s’alléger : de rompre certaines de nos amarres ; de rompre avec certains comportements, ou certaines attaches très humaines pour vivre libre comme l’entend le Christ et pour que nous le laissions faire toute sa place dans nos vies. Alors réfléchissons et soyons vrais devant le Seigneur :

  • Sous prétexte d’engagements familiaux, on peut se replier sur soi-même et rester insensibles aux appels des autres.

 

  • Sous prétexte d’être très occupés par des affaires matérielles et même financières on peut ne voir que notre intérêt et oublier que toute personne a droit à sa part du gâteau.

 

  • Sous prétexte d’être un homme ou une femme de grande spiritualité, on peut fuir dans les monastères ou s’enfermer chez soi et même dans la prière, alors que le Christ se donne à rencontrer dans le visage des plus blessés.

 

          Avec les textes bibliques de ce dimanche, on ne peut pas biaiser : on doit faire le point sur nos préférence… nos choix… et en même temps sur ce que nous laissons de côté, à l’abandon…

     Préférer le Christ c’est donc le préférer à travers les visages d’homme, de femme et d’enfant d’aujourd’hui… ces visages sont ceux du Christ : visage souriant, visage marqué par la souffrance, visage blessé par le manque d’amour, visage tuméfié par le rejet parce qu’étranger, différent des autres…

     A travers eux, c’est le Christ qui sourit, le Christ qui souffre, le Christ blessé, le Christ au visage tuméfié.

     N’a-t-il pas dit lui-même qu’un seul commandement résumait toute la Loi et les prophètes : aimer Dieu et aimer le prochain ? Dieu et le prochain sont indissociables.

     Préférer le Christ c’est donc tout faire pour que l’être humain devienne un frère et une sœur. Et cela peut transformer le monde, nos villes et nos quartiers, trop souvent enveloppés d’argile lourde et imperméables à l’Esprit Saint envoyé d’en-haut (pour reprendre les images de la première lecture).

     Le préférer ainsi dans nos frères, c’est aussi savoir nourrir notre prière personnelle et communautaires de tant de visages et situations par lesquelles Jésus nous fait signe.

     Alors, suivre Jésus, porter sa croix, le préférer à tout, devenir disciple… c’est se rapprocher de toute personne et la préférer à nous-mêmes parce que nous préférons le Christ.

                                                                     AMEN

    

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