Logo Notre Dame de la Bidassoa

Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire
"Celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi..." © ND de la Bidassoa

Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire

. © ND de la Bidassoa

26ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE  B

          TOLERANCE et RIGUEUR : ces deux mots pourraient résumer les textes bibliques de ce dimanche :

          = Josué, l’auxiliaire de Moïse et Jean, l’un des Douze font preuve d’intransigeance.

          Dans la première lecture nous trouvons Moïse qui vient de désigner 72 anciens pour les associer à la

direction de son peuple.

Dieu lui a promis de répandre son Esprit sur eux. Or voilà que deux hommes se mettent à prophétiser sans avoir été mandatés. Josué les dénonce à Moïse.

Ce dernier lui fait comprendre qu’on ne peut empêcher l’Esprit de souffler où il veut. Personne n’en a le monopole.

Dans l’Évangile, c’est un peu la même question qui est posée à Jésus. Nous nous rappelons que dimanche dernier les disciples se disputaient les premiers postes. Ils pensent qu’ils sont les seuls titulaires du pouvoir. Ils sont contrariés de voir un homme qui chasse les démons sans faire partie de leur groupe.

          Ce qui est dénoncé c’est de vouloir se réserver la primeur puis la totalité de l’esprit de Moïse comme de l’esprit de Jésus.  

L’Église peut, elle aussi, devenir sectaire et repliée sur elle-même. L’institution n’a pas le monopole de l’inspiration. Le don de Dieu n’a pas de frontières. La tolérance c’est le refus des monopoles. L’Esprit Saint ne travaille pas que dans l’Église. Il travaille aussi dans l’humanité tout entière. Ces hommes et femmes de bonne volonté, nous les rencontrons dans toutes les religions.

          On ne peut que se réjouir de tout ce qui se fait et se vit en bienveillance, en bonté, en fraternité et solidarité, en amour du prochain en dehors de la communauté de l’Eglise.

          Trop souvent, notre cœur n’est pas un cœur ouvert, mais un cœur égoïstement refermé sur notre «possession» de Dieu. Nous devons nous laisser déranger, bousculer par l'Esprit de Dieu. La Parole de Dieu fait-elle écho dans nos vies ? Plus nous sommes unis à Dieu, plus notre cœur prend de l’expansion.

Chaque fois que quelqu’un fait le bien, il se  rapproche de Jésus et Jésus de lui. Parmi les non-croyants ou les croyant autrement se trouvent des sympathisants qui sont prêts à franchir le seuil. On ne doit pas les refouler. Bien au contraire, nous sommes envoyés pour travailler au salut de tous les hommes. Dieu les aime tous et il ne veut pas qu’un seul se perde.

Et de ce fait, ils ont quelque chose à nous dire au sujet de Dieu pour mieux saisir qui est Dieu.

= Après nous avoir parlé de tolérance envers les autres, Jésus nous parle de rigueur mais de rigueur envers nous-mêmes.  

Le risque est grand de devenir une cause de scandale pour les plus fragiles de nos frères. Mieux vaut perdre un pied, une main, un œil, que de se laisser aller au mal.

Mieux vaut être sauvé avec une seule main, un seul pied, un seul œil, que de périr pour l’éternité avec les deux.

Si Jésus tient des propos si durs, c’est qu’il veut nous secouer. Il veut nous faire mesurer la gravité du péché dont nous nous accommodons si facilement.

La main qui entraîne au péché, c’est celle qui cherche à accumuler les richesses au détriment des plus pauvres. Elle n’hésite pas à frapper pour un avoir encore plus. C’est cette soif de richesses qui peut entraîner la chute d’un petit. C’est aussi mettre la main sur un enfant pour abuser de son corps, oh ! triste actualité qui marque notre Eglise et même notre diocèse. C’est extrêmement grave, surtout quand ça vient d’un chrétien.

          Le pied, c’est l’indépendance et l’autonomie. Il permet d’aller et venir. Aujourd’hui, nous comprenons que Jésus nous appelle tous à marcher à sa suite. Il est le chemin la vérité et la vie. C’est par lui que nous allons au Père. On peut pécher quand on court vers le mal et qu’on y entraîne les autres. Pécher avec le pied, c’est se de détourner de Dieu et s’engager sur des chemins de perdition.

          Le péché de l’œil c’est de voir bon ce que Dieu déclare mauvais. Les yeux peuvent nous nous entrainer dans l’illusion et nous détourner de Dieu et des autres.  

          C’est exactement ce que dénonce la lettre de saint Jacques (2ème lecture). Il s’attaque à ceux qui accumulent pour eux richesses et argent. Il s’en prend à ceux qui exploitent les travailleurs qui sont sous leurs ordres. Ces richesses qu’ils empilent « sont pourries ». Elles ne font que fausser les relations de fraternité et de justice. Si Dieu nous donne plus de biens c’est pour faire plus d’heureux. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est l’amour.

          Dans l’Évangile, Jésus nous demande de couper et de trancher. Il ne s’agit pas de mutilation ; ce qui nous est demandé c’est de rompre d’une manière catégorique avec ces habitudes qui nous entraînent au péché. Le Seigneur attend de nous un véritable retournement : que notre main soit tendue vers Dieu et vers les autres, que nos pieds marchent à la suite de Jésus, que nos yeux voient les autres avec le regard même de Dieu, un regard plein d’amour et de tendresse.

          Tolérance envers les autres et rigueur envers nous-même, voilà une belle résolution pour cette semaine, pour vous comme pour moi.

                                                                     Amen

Commentaires

  1. Philippe et Chantal Gayet
    le 06/10/2018 à 11h09

    Un grand merci pour cet éclairage fort et précieux

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.