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Homélie du 30ème dimanche du temps ordinaire
"Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ?" © ND de la Bidassoa

Homélie du 30ème dimanche du temps ordinaire

. © ND de la Bidassoa

TRENTIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE   A

 

          Comme dimanche dernier, les chefs religieux de Jérusalem étaient aux aguets devant les paroles et les actions de Jésus… et à plusieurs reprises, ils essayaient de le piéger, de le mettre en défaut afin de le condamner…

          Il y a huit jours il était questions d’impôt qu’il fallait ou pas payer à César.

          Aujourd’hui, il est question de commandements.

          Oh, ils s’y connaissaient bien les pharisiens et docteurs de la Loi, en matière de commandements.

          Figurez-vous qu’il y avait 613 commandements à observer pour être un bon juif… 613 c’est la somme de 248 et 365.  

Explication : 248 était le nombre de membres du corps humain connus à l’époque, et 365 le nombre de jours de l’année évidemment. Ce sont donc des commandements qui concernent la totalité de l’être humain, tous les jours de sa vie.

Dans ces 613, quels sont les plus importants ? Lequel faut-il absolument respecter en priorité ?
La question adressée à Jésus est légitime.

Sa réponse est intéressante, tout autant pour son contenu que par sa méthode.
          Le contenu : l’amour au centre de tout.
          La méthode : simplifier, simplifier et simplifier encore. 

Alors, gare à nous et à l’Eglise, si nous compliquons ce qui est simple et oublions le cœur de tout. Il y a parfois des discours de chrétiens, de prêtres, qui sentent la naphtaline et qui font trembler… qui ne donnent aucune espérance et qui nous rendent tristes et rabougris comme des piments au vinaigre : le pape François le disait à des séminaristes et des novices.

Jean-Paul II souhaitait ardemment que « le monde redécouvre que le christianisme est la religion de l’amour ».

Avant lui, Paul VI, soulignait déjà que notre monde a davantage besoin de témoins que de maîtres ; et s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont avant tout des témoins.

N’oublions pas qu’Evangile veut dire « Bonne Nouvelle » ; il faut qu’elle le reste et qu’elle soit transmise avec joie, humanité, ouverture… et simplicité.

Revenons à Jésus qui répond au docteur de la Loi : Le plus grand commandement est « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur ; voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. ».

Réponse géniale, qu’il nous faut redécouvrir aujourd’hui avec sa saveur la plus dense…

En fait, ces deux commandements étaient bien connus des religieux de l’époque ; mais ce qui est nouveau c’est que le Christ Jésus les rend semblables ; différents mais très ressemblants et toujours liés.

Un peu comme, au début de la création, dans le poème des origines Dieu fit l’homme et la femme, différents mais semblable l’un à l’autre, et ainsi capables de s’aimer et de donner la vie.

Nous y voilà, mes amis.

          Cet amour des origines qui donne la vie, atteint son point culminant en la personne de Jésus et de son humanité… Jésus a fait alliance avec nous par amour, pour que gagne la vie.

          En Jésus amour de Dieu et amour du prochain ne font qu’un ; cet « amour-alliance pour toujours » est désormais devant nos yeux sur la croix = cet instrument ignoble de torture où se révèlent, liés, amour de Dieu (la barre verticale qui monte vers le ciel) et amour du prochain (la barre horizontale, comme deux bras ouverts pour enlacer et embrasser l’humanité).

          Oui, c’est toujours ensemble que nous devons vivre ces deux aspects de l’amour ; les dissocier est une rupture d’alliance avec Jésus.

          En Jésus, le Dieu de chair se rencontre dans la chair de l’homme ! La chair de l’homme et la chair de Dieu, c’est « tout un ». Il ne faut pas chercher ailleurs l’inimaginable bouleversement du christianisme : Frédéric Boyer écrivait « avoir la garde de Dieu jusque dans la chair d’autrui parce que Dieu lui-même a été une fois cette chair-là ».

Que valent nos prières s'il n'y a pas un vrai amour de Dieu et de nos frères ? Les deux vont ensemble. Ils ne peuvent aller l'un sans l'autre. Nous ne pouvons pas aimer Dieu sans aimer notre frère.

Et nous ne pouvons pas nous occuper du frère en abandonnant Dieu. Pour être un bon chrétien, nous avons besoin d'être reliés au Christ par la prière, l'Eucharistie et les sacrements. Ces rendez-vous avec le Seigneur sont essentiels. Mais… ils doivent aller de pair avec le service du frère dans notre vie de tous les jours. Nous n'avons pas à choisir entre Dieu et l'homme. Depuis Jésus, les deux vont ensemble.

          Voilà la boussole de toute notre vie ; en vivant ces dimensions de l’amour nous arrivons à bon port : au cœur de Dieu et au cœur des autres.

          Désormais tout ce qui touche l’homme touche Dieu et tout ce qui touche Dieu c’est la dignité de l’homme.

          Voilà notre joie de croire et de vivre dans ce monde : notre tâche est immense et, à la fois, toute simple : Aimer ! Aimer en donnant notre vie pour la gloire de Dieu et le bonheur des hommes.

                                                                     Amen.

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