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Homélie du 30ème dimanche du temps ordinaire
Bartimée, un aveugle qui mendiait, était aussi au bord du chemin © ND de la Bidassoa

Homélie du 30ème dimanche du temps ordinaire

Mais il criait de plus belle : &quotFils de David, prends pitié de moi !" © ND de la Bidassoa

30ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE   B

 

          Dans cette foule autour de Jésus, aux portes de Jéricho, je vois une image de l’Eglise, elle aussi en marche à la suite de Jésus.

En même temps je vous imagine dans cette foule, chrétiens d’Hendaye avec les autres chrétiens de Notre Dame de la Bidassoa, avec aussi nos amis de passage ou en vacances.

          Oui, nous faisons partie sans doute de ces chrétiens qui ne restent pas immobiles, à ne rien faire : nous avons, peut-être, les uns ou les autres, des activités habituelles dans la marche de notre paroisse.

Alors dans cette marche autour de Jésus, j’imagine que nous parlons les uns les autres ; et nous sommes heureux de la présence du Christ à nos côtés.

          Or soudain, l’inattendu jaillit : du fossé un cri, un hurlement, impossible de ne pas l’entendre. Un aveugle interpelle Jésus.

          Ce hurlement trouble nos conversations habituelles, il désorganise la circulation de la foule. Il met le désordre dans la colonne en marche.

          Les uns absorbés par leurs problèmes continuent d’avancer ; d’autres ont ralenti pour regarder. Dans la foule, on se marche sur les pieds.

          Un cri de l’extérieur et c’est la pagaille dans la foule, dans l’Eglise.

Un cri, un hurlement… Ce hurlement n’est-ce pas

= le cri de tel peuple qui meurt de faim et de liberté à cause d’un dictateur inhumain et qui frappe à nos portes

= le cri de ces chefs d’entreprises dont le carnet de commande se vide

= le cri de ces ouvriers, intérimaires ou précaires, premiers oubliés d’aujourd’hui à cause de la crise

= le cri de ce ménage en train de craquer

= le cri de ces jeunes crevant devant la solitude au milieu des boites et des bruits artificiels de nos villes

= le cri de ces personnes seules, en difficulté d’intégration chez nous

= le cri de notre Pays Basque qui ayant enfin déposé les armes cherche un chemin de paix, de dialogue, de réconciliation.

= le cri de notre paroisse aussi en quête de communion nouvelle après un temps de questionnement voire de trouble…

Le cri de cette personne aveugle de Jéricho c’est la clameur de tous ceux et celles qui, aujourd’hui encore, sont aveugles, ceux et celles pour qui il fait toujours nuit et qui cherchent un peu de lumière ou plutôt cherchent, sans le savoir souvent, à connaître le visage du Christ.

Notre paroisse, comme tout l’Eglise, dans tous les pays du monde, doit écouter ces cris, accueillir ceux qui sont tombés au bord du chemin, se laisser interpeller par la clameur de notre société en quête de sens.

Peut-on arrêter une colonne en marche pour un homme dans un fossé ? Autrement dit, peut-on mettre à plus tard, dans la paroisse, ce qui était prévu, à cause d’une urgence imprévue ?

Et bien oui !

Jésus, lui, s’arrête… tant pis pour ceux qui, dans la manœuvre, ont les pieds un peu froissés.


Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le ! »

Il aurait pu l’appeler lui-même… en bien non !

Il veut faire découvrir à la foule, à nous tous, une nouvelle responsabilité.

Des gens alors acceptent de quitter le cheminement de leur conversation pour répercuter l’appel de Jésus : « Confiance, lève-toi, il t’appelle ! »

Combien notre monde a besoin aujourd’hui en particulier de chrétiens, de vous et moi, qui osent quitter le rang pour répercuter l’appel du Christ à tant de mendiants de la lumière.

Car ils sont malheureusement encore nombreux ceux et celles, jeunes et moins jeunes, comme Bartimée, assis au bord de la route, loin d’une vraie confiance en eux, loin de l’Evangile.

Chrétiens, nous ne pouvons pas rester sourds à leurs cris !

Nous sommes les disciples d’un Christ qui aime l’homme debout et en marche. Il n’a jamais supporté de voir un être humain couché ou assis dans le désespoir.

Disciples du Christ, nous devons avoir un regarde plus responsable sur ce qui nous entoure, un cœur plus aimant, et des bras prêts à l’action.

Avec le nouveau Conseil Pastoral de notre Paroisse, jeudi soir, nous nous mettions devant les trois missions de toute paroisse : en plus de célébrer son Dieu dans une liturgie de qualité, en plus d’annoncer le Christ vivant, la paroisse doit se mettre au SERVICE de l’homme d’aujourd’hui.

Oui, célébrer, annoncer et servir.

Mes amis, nous n’avons pas le pouvoir de faire des miracles comme Jésus ; mais il nous envoie dans le monde pour que notre attitude soit questionnante, lumineuse, bienfaisante pour tous. Pour qu’à travers nous, d’autres puissent voir le visage du Christ et son Amour.

Que le Christ nous aide à Hendaye, à Béhobie, à Biriatou à éradiquer toute cécité et médiocrité pour adopter son regard, son discours et ses actes.

                                                                      Amen

 

Commentaires

  1. Philippe et Chantal Gayet
    le 02/11/2018 à 09h57

    Un grand merci pource rappel à l’engagement et au service ! Autour de nous, tant d’appels au secours... ! Et le découragement qui guette parfois... Merci pour ce rappel à un combat toujours nouveau en faveur de la justice et de la fraternité

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