Logo Notre Dame de la Bidassoa

Homélie du 5ème dimanche de Pâques
. © ND de la Bidassoa

Homélie du 5ème dimanche de Pâques

. © ND de la Bidassoa

CINQUIEME DIMANCHE DE PAQUES   C

 

C’est la veille de son exécution alors que Jésus célèbre la dernière cène avec les siens. Il vient de laver les pieds à ses disciples. Judas a déjà pris sa décision tragique et sort pour le livrer.

Jésus dit à haute voix ce que chacun ressent : « Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous ».

 
          Il leur parle avec tendresse. Il veut que ses derniers gestes et ses dernières paroles restent gravés dans leur cœur. « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés vous aussi aimez-vous les uns les autres. » C’est-là le testament spirituel de Jésus.

 
          Jésus parle d’un « nouveau commandement ». Où est la nouveauté ? La consigne d’aimer son prochain est déjà présente dans la tradition biblique. Les philosophes grecs parlent aussi de philanthropie et d’amour pour tout être humain.

          La nouveauté réside dans la forme d’aimer propre à Jésus : « Aimez-vous comme  je vous ai aimés ». C’est de cette façon que sa manière d’aimer se répandra parmi ses disciples et par ses disciples au monde entier pour « un ciel nouveau et une terre nouvelle » comme le disait St Jean dans l’Apocalypse (deuxième lecture).

          En réalité, ce commandement de l’amour devient nouveau quand Jésus meurt sur la croix ; et qu’il nous donne l’Esprit Saint.

C’est du haut de la croix que Jésus nous rend capables de nous aimer les uns les autres, en mettant en nous l’amour que Lui-même a pour chacun de nous.

          De plus, le commandement de Jésus est un commandement nouveau au sens actif et dynamique : car il « renouvelle », il nous rend nouveaux, il transforme tout.

Saint Augustin disait : « Cet amour-là nous renouvelle pour que nous soyons des hommes nouveaux, les héritiers du testament nouveau, les chantres du cantique nouveau. »

          Et la célébration de l’Eucharistie, comme aussi la redécouverte de la Confession, fortifient et rendent stable l’amour, et nous donnent de nombreux enseignements fraternels.

          L’amour est donc un commandement ? Or nous n’aimons pas être commandés, nous préférons être mis devant nos responsabilité et respectés dans nos choix.

N’empêche que l’amour est bien un commandement ; un peu comme la prescription d’un médecin qui donne une cure pour notre bien. Le patient décide ensuite de suivre ou pas ce qui a été prescrit.

          Malheureusement, la signification du mot « amour », est réduite à un sentiment d’une douce bonté ou à la passion souvent sensuelle. Bref l’amour est galvaudé, déshonoré, voire souillé.

         

          Je reçois plusieurs témoignages de parents qui déplorent, à regret, avoir laissé leurs enfants devant des sites pornographiques ; et aussi des confidences d’adultes qui, en pleurant, me disent passer des soirées devant de tels spectacles qui pourrissent la tête et le cœur. Et cela impacte tellement l’imaginaire et la conscience, que l’on se construit de travers… et qu’on ne saura pas aimer sans posséder l’autre, sans en faire un objet. Or ce n’est pas ça l’amour ! Ce n’est pas ça la sexualité ! C’est de la perversion !

          Dans l’Evangile, le mot amour est marqué par la croix, qui n’est pas la possession de l’autre mais le don de soi à l’autre. Quand le Christ dit « je vous aime », la croix est incluse. Sa mort sur la croix, est le don passionné de lui-même. De cette façon, il nous montre que l’amour pur, sincère existe et doit exister : c’est l’amour que l’on donne librement ; c’est donner et se donner.

          Alors oui aimons le commandement nouveau comme Jésus est nouveau, le nouveau Moïse : il écrit la loi de l’amour sur notre cœur et non sur des tables de pierre.

          L’amour réciproque, fraternel et gratuit est la nouveauté de la vie de Dieu qui fait irruption dans notre vieux monde, dans le vieil homme que nous sommes, en le régénérant. C’est le début de la vie éternelle, définitive et stable à laquelle nous aspirons et qui commence ici-bas par nos choix et nos actes bien concrets d’amour vrai.

          C’est son amour, l’amour de Jésus, qui passe en nous lorsque nous aimons nos frères et que nos frères nous aiment.

          S’aimer les uns les autres avec le cœur du Christ, voilà le commandement nouveau.

          L’amour du Christ est un amour dans lequel avant le « moi », il y a « l’autre ».

          Comment est-ce possible de vivre et d’avoir cet amour ? En nous abandonnant à cet amour. En acceptant d’être sa propriété, d’appartenir au Christ, lui qui nous dit : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »

                                                           Amen

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.