Logo Notre Dame de la Bidassoa

Homélie du jour de Pâques
Pierre et Jean courent au tombeau... © ND de la Bidassoa

Homélie du jour de Pâques

Il vit et il crut © ND de la Bidassoa

JOUR DE PAQUES 2019

On dit souvent que les hommes sont plus courageux que les femmes et pourtant c’est une femme, Marie-Madeleine, qui se met en route la première pour chercher Jésus, de grand matin, nous dit Saint Jean l’évangéliste aujourd’hui.

Avez-vous remarqué que nous assistons à de véritables sprints en ce dimanche de Pâques ! Marie-Madeleine ayant vu la pierre du tombeau de Jésus qui a été enlevée, court avertir Pierre et Jean. Eux deux alors courent au tombeau et le plus jeune arrive le premier.

Tout le monde court ! On court… non pas pour remporter des victoires ou des médailles… On court pour faire le saut de la foi : « Il vit et il crut », nous dit l’Evangile.

Oui le jeune disciple Jean court et il voit. Mais que voit-il ? Il voit - c’est-à-dire qu’il comprend - que le corps de Jésus n’a pas été enlevé mais que Jésus est bien ressuscité.

Le verbe « voir » ici est associé au verbe  « comprendre ». C’est comme quand nous disons : « ah oui, je vois bien maintenant… ». L’évangile note en effet que, jusque-là, les disciples n’avaient pas vu, c’est-à-dire : « pas compris » que selon l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

   

Ne nous trompons pas : croire en la résurrection n’est pas une chose évidente !  

          La victoire de la VIE sur toutes les puissances de la mort est un évènement tellement extraordinaire, qu’il nous faut du temps pour croire et sur ce point, nous sommes lents… Nous ressemblons terriblement aux disciples de Jésus qui étaient eux aussi, lents à croire.

Et pourtant c’est bien cela que nous célébrons aujourd’hui en cette grande fête de Pâques : la victoire de la Vie sur la mort.

Dans le Nouveau Testament, le verbe ‘ressusciter’  traduit deux verbes grecs qui veulent dire « se lever, se mettre debout » ou « se réveiller, sortir de son sommeil ».

Oui, il est temps de sortir de notre sommeil et de vivre dans le concret de nos existences ce passage du doute à la foi, des ténèbres à la Lumière, des puissances de mort aux puissances de la Vie.

Trois jours après sa mort, Dieu ressuscite Jésus pour dire au monde entier que ce n’est pas la violence, le mépris, la mort qui ont le dernier mot… mais bien l’AMOUR de Dieu qui ressuscite son Fils Jésus.

Courir pour faire le saut de la foi… Voilà un sport original et exigent ! Il faut de l’entraînement. Car, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas si facile que cela de s’abandonner entièrement dans les bras de Dieu qui vient à notre rencontre chaque jour pour nous dire : « je t’aime comme tu es. Viens, suis-moi. Je ferai route avec toi et je ne t’abandonnerai pas ».

La résurrection du Christ, est l’annonce de notre propre résurrection. Mais n’attendons pas d’être mort pour vivre de la vie même de Dieu.

Croire à la résurrection du Christ, ce n’est pas seulement croire en la promesse d’une vie éternelle après la mort ! C’est croire qu’il y a, au cœur même de notre vie, un principe de renaissance qui peut retourner les choses.  

Chaque jour, dans les petites choses ordinaires du quotidien, nous pouvons vivre de ce grand Mystère Pascal.

Toute notre existence peut devenir avec le Christ un passage de la mort à la vie. C’est cela devenir disciple du Christ et témoigner de son Amour. Il ne suffit pas de proclamer « Christ est Vivant, Christ est ressuscité. Alléluia ». Cette acclamation n’a de sens que si elle s’incarne dans notre chair et dans notre sang, dans nos gestes et nos actes, dans nos paroles et nos engagements, dans nos choix et nos décisions jour après jour. Chanter « Christ est Vivant, Alléluia », c’est engager notre histoire personnelle à la suite du Christ Ressuscité et témoigner, sans peur, de notre foi, au cœur de ce monde tel qu’il est.

Cet engagement à la suite du Christ est un projet personnel, mais il est aussi un appel au réveil pour toute l’Eglise : elle a ou elle a eu parfois la froideur de la mort et de la lourde pierre du tombeau quand elle masque la lumière du Christ par son ambition, son orgueil, son excès de pouvoir, ses actes délictueux.

En revanche, elle est rayonnante du visage ressuscité du Christ, elle laisse grandement jaillir la lumière de son Seigneur vivant, quand elle est humble, servante, respectueuse des personnes. Malgré les tempêtes le navire-Eglise chancelle mais ne sombre pas. Elle ne coulera jamais, car le Christ est le maître du navire et des flots, le maître de l’Eglise et du monde. Alors pas de crainte, continuons à courir pour voir et pour croire comme saint Jean.

Cette course, mes amis, demande souffle, énergie, endurance.

La nourriture du coureur de Dieu c’est l’eucharistie, la messe, le corps du Christ mort et ressuscité reçu en communion avec respect et adoré avec tendresse.

Alors, à chacun de nous de nous mettre sur la ligne de départ pour remporter une seule course : celle de l’Amour qui seul fait vivre et revivre et qui est plus fort que la mort.

Amen ! Alléluia !

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.