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Homélie du premier dimanche de l'Avent
. © ND de la Bidassoa

Homélie du premier dimanche de l'Avent

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PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT  C

Nous entrons dans l’Avent, quatre semaines pour se préparer à Noël : perspective de douceur, de joie et de paix, et l’évangile nous parle de mourir de peur ! « Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver »

Pourquoi ? Parce que la finalité de l’Avent est la fin du monde : la venue finale de Jésus ressuscité. Cela ne doit pas nous faire oublier sa première venue, sans gloire, à Noël, où Dieu n’est pas venue dans le fracas, l’agitation et la hâte.  Il est venu comme un enfant dépendant. 

Il vient et cherche un peu de place en nous pour y créer du neuf.

C’est tout le sens du temps de l’Avent dans lequel nous entrons. Noël c'est l'inauguration des temps nouveaux. 

= Les premiers chrétiens attendaient un retour imminent de Jésus, ils espéraient les temps nouveaux très rapidement après son Ascension ; et pour cette attente du retour du Christ, ces chrétiens avaient pratiquement cessé toute activité ordinaire.

Sa lettre à cette communauté de Thessalonique, Saint Paul exhortait les chrétiens à reprendre les activités quotidiennes interrompues, à développer leur amour les uns pour les autres et à faire sans cesse de nouveaux progrès vers la sainteté.

= Dans la première lecture, Jérémie parle de promesse de vie, de germe d'espérance, d’accomplissement : « Voici venir des jours où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée à la maison d'Israël ».

Par-delà les siècles, cette Parole de Jérémie s'applique à nous. Bien sûr, cette Parole écrite 600 ans avant Jésus-Christ s'adressait d'abord à Israël qui, quelque temps plus tard, a été délivré de l'esclavage dans lequel il se trouvait. Bien sûr, cette Parole annonçait aussi le Messie qui est venu à Noël.  

          = L’évangile d’aujourd’hui ne cherche pas à nous faire peur, mais à nous révéler quelque chose.

Jésus ne décrit pas la fin du monde ou la destruction de l’univers dans un immense cataclysme.

Il décrit, de façon symbolique, le désordre établi au cœur de l’humanité par l’orgueil, la suffisance de l’humain face à Dieu.

Aux yeux de Jésus, le plus grand cataclysme que nous pouvons générer, c’est de chercher à faire notre vie sans Dieu, à nous passer de lui. Les paroles de cet évangile nous invitent à regarder venir l’avenir non avec tremblement, mais avec confiance.

Devant les mauvaises nouvelles de l’actualité (désastres, guerres et catastrophes, soulèvement des uns, surdité des autres) nous pouvons broyer du noir.  Parfois, la vie ne semble plus avoir de sens. Ce qui nous afflige, ce qui nous courbe alors, ce ne sont pas les épreuves en elles-mêmes. C’est notre façon de nous laisser écraser par elles, de les subir, de nous courber devant elles en ne faisant que gémir. Nous pouvons être courbés par le poids des épreuves que nous traversons, par ce mal qui nous fait gémir intérieurement, par ce mal qui nous écrase. Nous pouvons nous laisser dominer par toutes les petites contrariétés de la vie quotidienne.

Faisons nôtre l’exhortation de Jésus à ses disciples : « Redressez-vous et relevez la tête ». Jésus fait comprendre à ses disciples que l’attitude fondamentale de leur vie est la vigilance. Il ne nous donne pas d’assurance contre l’endormissement. Il nous veut éveillés parce que le danger de l’engourdissement est réel.

Jésus nous propose de vivre debout en redressant la tête, en retroussant les manches. Jésus nous propose de rester en état d’éveil : « Restez éveillés ».

Mais veiller et être vigilant n’est pas facile. Ce n’est pas facile parce que cela doit passer par un refus de nous donner de l’importance.

Dès que nous croyons que nos jours se déroulent déjà dans le temps de Dieu, que nous sommes déjà dans la demeure de Dieu, nos vies, malgré le poids des choses, des souffrances, le poids de tout, deviennent joie.

La prière nous éveille à cette autre dimension des choses. « Priez en tout temps » ajoute Jésus. La prière nous apprend peu à peu à reconnaître, dans le fracas des tempêtes de ce monde, la brise légère du Dieu qui vient. 

Relevons la tête, tournons notre regard vers Dieu. Attendons de nous présenter debout devant Dieu, attendons le jour où nous découvrirons grâce à lui, qui nous sommes et quel est le sens de notre monde. Entrons dans l’espérance. 

Soyons constamment en alerte, car c'est au fil de notre quotidien que se présentent les occasions à saisir pour construire notre propre humanité, et ainsi contribuer à l'humanité nouvelle. Veiller révèle la tendresse que nous avons pour ceux et celles que nous aimons. L’avenir ne peut se construire que sur la justice, le partage et la fraternité.

Le temps de l’Avent est un temps d’attente, mais pas une attente passive. C’est une attente qui comme toute gestation est porteuse de promesses. Une attente qui se nourrit d’espérance.

          Que ce premier dimanche de l’avent nous donne cette espérance que Jésus vient. Il est déjà en marche, il vient un peu chaque jour à travers multiples visages.

Il viendra un jour d’une manière définitive en pleine gloire nous faire naître de nouveau dans son Royaume.

Les bouleversements du monde ne se feront pas à l'extérieur, mais à l'intérieur de nous-mêmes, en nous, dans notre cœur. C'est là que Jésus revient, c'est là que commence la fin du monde, le début du monde nouveau.

                                                           Amen

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