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Homélie du septième dimanche de Pâques
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m'as donné, ... © ND de la Bidassoa

Homélie du septième dimanche de Pâques

Jésus priait son Père... © ND de la Bidassoa

SEPTIEME DIMANCHE DE PÂQUES B

 

          Après l’Ascension, Jésus est conscient des épreuves que son petit groupe va devoir affronter. Il a déjà parlé de souffrances et de persécutions, à cause de lui et de son nom.  

Il sait que la diffusion de sa Parole ne sera pas facile, que le témoignage, parfois sera rude et douloureux.  

Il sait aussi qu’à l’intérieur même de l’Eglise surgiront des divisions, des courants, des partis.

Son départ correspond au sevrage de ses disciples.

Pour cela il promet le don de l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité et de liberté, l’Esprit d’unité, qui doit fortifier le petit troupeau du Seigneur et le rendre capable de partir jusqu’aux extrémités de la terre. 

          Après l’Ascension commence le temps de l’Eglise, une Eglise qui se cherche, qui fait des essais, qui semble parfois emportée par les flots en furie. Fort heureusement, l’Esprit Saint est capable de la conduire, de lui montrer le chemin, de l’accompagner par sa présence concrète et discrète.

          Devant le choix du remplaçant de Judas, l’Esprit montre Mathias qui sera associé au nombre des apôtres.

          Jean nous rappelle, que grâce à l’Esprit nous découvrons la loi de l’amour, qui nous rend demeure de Dieu dans ce monde.  

          Après l’Ascension, en attendant le don de l’Esprit, l’Eglise a le temps de réfléchir sur sa vie et son histoire. Il est vrai que son fondateur, c’est Jésus, le Fils de Dieu mort et ressuscité, mais il est aussi vrai qu’elle est composée par des hommes, pétrie d’hommes et de femmes avec plein de défauts, souvent incapables de dialogue, de compréhension, pleins de rivalités, peu disposés à l’unité.  C’est pour cela, que la prière de Jésus est émouvante, une prière adressée au Père, en faveur de ses disciples, une prière insistante pour que l’unité se réalise. 

          En regardant les deux mille ans qui se sont écoulés, nous comprenons bien comment la prière de Jésus était nécessaire.

          Combien de division au long de l’histoire de notre Eglise ?

          Combien de faux pas que ses disciples ont vécu à la recherche du pouvoir, du prestige ?  

Combien d’infidélités au-dedans et au dehors ?  L’Eglise est faite de pécheurs qui sont en marche vers la sainteté.  

          Pourquoi Jésus a-t-il opté pour cette prière pour l’unité ? Il est évident, qu’il savait que la plus grande difficulté de son Eglise se vivrait à ce niveau, il connaissait bien ses disciples pour savoir leur point faible, il voyait déjà arriver les moments sombres des divisions, des luttes intestines, des guerres pour le pouvoir.

          C’est ça, en effet la grande maladie interne à l’Eglise d’hier et d’aujourd’hui. La division est notre piège aussi, chez nous, une faiblesse que seulement l’Esprit est capable de combler et de corriger. 

          La prière de Jésus pour l’unité, se situe dans le contexte du Jeudi Saint, lors du dernier repas, après les grands gestes de notre foi. Il prie longuement, il promet l’Esprit, il demande à son Père de garder ses disciples dans l’unité. Il montre sa loi divine du commandement nouveau, celui de l’amour.

          L’unité est un aspect de l’amour, une explicitation du commandement nouveau. L’unité le rend visible, l’actualise. 

          L’unité est la capacité de se fondre avec l’autre, de le laisser vivre en nous, d’éliminer les barrières entre nous et les autres. L’unité, c’est entrer dans le mystère de la Trinité, car Jésus nous donne le modèle : comme lui et le Père sont un, ainsi ses disciples doivent être un. L’unité est la perfection de l’amour, car cette unité fait tomber, les barrières que souvent nous dressons pour nous défendre ou bien pour primer sur les autres.

          L’unité, c’est le vide qui sait accueillir le plein dans la réciprocité, faire place à l’autre, s’identifier à lui, accepter de disparaitre pour le faire être, dans la réciprocité. L’unité c’est l’autre visage de la Trinité. 

          C’est de cette unité dont l’Eglise a besoin, c’est de cette unité que notre Eglise a besoin ! C’est seulement la présence du Seigneur ressuscité parmi nous qui peut conduire à l’unité, de faire un seul corps. 

Une famille unie, une paroisse unie, une Eglise unie, c’est l’objectif de Jésus. L’unité à l’intérieur entre prêtres et évêque, dans un diocèse ; unité dans la communauté religieuse signe de la présence su Christ. Unité dans nos mouvements pour témoigner la vérité de la prière du Seigneur. L’unité est le fruit de l’Esprit Saint par excellence. En attendant Pentecôte, demandons le don de l’unité, demandons à l’Esprit de la construire dans notre Eglise locale. 

Que l’unité soit parfaite !

                                                                     Amen

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