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Homélie du septième dimanche du temps ordinaire
. © ND de la Bidassoa

Homélie du septième dimanche du temps ordinaire

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SEPTIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE  C

Voilà bien un passage d'Evangile que nous traversons sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, de peur de réveiller ces paroles et de les voir se dresser devant nous, contre nous !

Mieux vaut les laisser dormir et les ranger parmi celles dont on dit facilement : « Il ne faut pas le prendre au pied de la lettre ! »

Et si le bonheur passait par le pardon ? Par l'amour des ennemis ? « Faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent. Priez pour ceux qui vous calomnient. » Ces paroles peuvent-elle prendre vie dans nos existences ?

Le donnant-donnant ne peut pas être la règle de vie du chrétien, le donnant-donnant ne peut rien apporter de nouveau dans l'humanité. Aider celui qui aide, aimer celui qui aime, tout le monde sait faire ça.

Jésus, lui, mène ceux qui le suivent sur un chemin de crête : « En quoi êtes-vous mes disciples en faisant ceci ou cela ? Qu'est-ce qui vous différencie des pécheurs ? ».

Certains d’entre nous, trop tiraillés, ne peuvent entendre ces mots, bloqués qu’ils sont par cet appel au pardon.

En fait, ils s’enferment dans la rancune, et n’arrivent pas à sortir du passé et de ses blessures. S’enfermer, n’est-ce pas cela l’enfer (enfer – enfermement) ? Cela revient à nous macérer dans notre jus de vengeance et de récriminations… 

Jésus nous mène au paradoxe de l'Evangile : « « Votre récompense sera grande et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. »

La clef est là ! Dieu nous donne la clef : Il est infiniment bon et miséricordieux. Toute relation qu’entretient le Seigneur avec chacun de nous est pour lui un éternel commencement, il nous regarde toujours d’un regard neuf, bon et sans à priori. Il nous envisage à la façon de deux amoureux qui se voient et se découvrent toujours comme si c’était la première fois !

Pour Dieu, le passé est dépassé, il enlève de nos cœurs le mauvais passé. A la condition que nous acceptions de nous laisser faire, afin qu’il vienne défricher notre cœur, le labourer, le travailler !

Il n’en finit pas d'aimer. Il aime même celui ou celle qui l'a oublié, délaissé, rejeté. Il est Dieu Père plein de miséricorde au cœur de mère !

En Jésus-Christ, nous le voyons se dépouiller de tout pour tout donner à celui qui veut recevoir. Lui, le juste, il meurt pour les injustes, il nous aime à en mourir.

Par conséquent, le chrétien est invité à regarder Dieu en train d’aimer, pour ensuite répondre à cet amour et entrer dans ce courant d'amour.

Si nous nous risquons dans ce chemin, nous devenons cet homme nouveau, transformé, dont parle Saint Paul. Nous sommes faits d’argile, fragiles, inconstants ; et c’est notre rencontre avec le Christ qui nous fait hommes du ciel. Et nous sentons bien cette lutte en nous-mêmes, comme deux hommes en combat.

Pétris d’argile, nous sommes bêtes et violents : regardons la violence autour de nous, au volant, les énervements, souvent pour des broutilles… plus grave, les divisions familiales à cause des héritages et des jalousies. Oui, nous sommes alors bien de la terre boueuse.

Pétris d’argiles, des évêques et des prêtres sont coupables de violence impardonnable, d’agressions sexuelles sur des enfants et des adultes vulnérables marqués à vie. Violence que l’Eglise a voulu longtemps cacher pour se protéger. Merci au pape François ! Il réunit ces jours-ci les responsables de toutes les Conférences Episcopales du monde, pour écouter « le cri des petits qui demandent justice » et prendre des mesures concrètes et efficaces.

L’Eglise n’a pas à se voiler la face et cacher ce qui pourrait la salir, elle n’a pas à chercher à se défendre. Seul, Christ la défend ! Il vient à son secours, il peut même parfois la protéger contre elle-même.

Notre Eglise, petite et faible, a pour mission de défendre les plus petits, les plus faibles et non de les abimer. Pour cela, elle a à se reconnaitre... Église sainte faite de pécheurs, des pécheurs que nous sommes.

Dans ces abus scandaleux, les victimes voient en ces hommes d’Eglise des ennemis. Comment leur demander alors d’aimer leurs agresseurs ? Or à ces victimes aussi Jésus dit : « Aimez vos ennemis. Priez pour ceux qui vous calomnient ». Quel appel hors de portée !  et pourtant combien doit être grande et puissante la prière des victimes pour leurs bourreaux !

Le pardon est sûrement le seul chemin pour arriver à vivre en humanité : pardon à donner ; pardon à recevoir. Afin de découvrir le vrai visage de notre humanité, à la fois créée belle, à l’image et à la ressemblance de Dieu, et trop souvent image bien déformée et enlaidie.

Ce qui caractérise la morale chrétienne c’est d'aimer aussi "nos ennemis". Il s'agit d'un amour universel qui n'exclut personne. Nous savons très bien que, nous les chrétiens, nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Pourtant Jésus nous demande d'être différents des autres et "d'aimer ceux qui ne nous aiment pas" 

Seigneur, Père, Fils et Saint-Esprit, viens opérer en nous une re-création. Donne-nous réellement de devenir icône, image, qui reflète ton visage de miséricorde.

Amen

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