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Homélie du sixième du dimanche du Temps ordinaire
. © ND de la Bidassoa

Homélie du sixième du dimanche du Temps ordinaire

. © ND de la Bidassoa

SIXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE   C

 

          Comme beaucoup d’habitants de notre belle région, nous sommes sensibles aux arbres, à la symbolique poétique, spirituelle et même chrétienne qu’ils portent, que ce soit la profondeur cachée de leurs racines, la dimension de leurs branchages, l’ombre qu’offre leur feuillage ; mais aussi cette alternance entre leur dépouillement l’hiver et leur renaissance au printemps.

La Bible parle souvent des arbres et Jésus, qui accomplit toute l’Ecriture, aussi. Ainsi aujourd’hui, Jérémie et l’auteur du psaume y expriment le bonheur de celui qui s’enracine en Dieu. « L’homme qui met sa foi dans le Seigneur sera comme un arbre planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. »

          « Heureux comme un arbre ! » pourrait-on dire.

Car c’est de bonheur dont il est question aujourd’hui, avec des lectures qui nous forcent à choisir entre deux voies : le bonheur ou le malheur dans l’évangile, la bénédiction ou la malédiction dans le livre de Jérémie.

          Avec ces deux voies, les lectures nous révèlent que c’est par un bouleversement intégral de notre être que nous sera donné, par le Christ et à sa suite, le bonheur intégral.

          Les quatre béatitudes chez Luc touchent des réalités profondes de notre vie.  

La pauvreté, c’est notre rapport aux choses qui est concerné, c’est-à-dire à nos possessions, mais aussi à nos expériences, à notre savoir, à nos qualités.

La faim. Ce sont, au-delà de nos besoins vitaux, nos désirs les plus profonds et au sommet notre désir de Dieu.

Les pleurs. Ce sont nos émotions profondes, souvent la souffrance cachée, finalement notre rapport à la mort et notre sens de la vie.

La persécution, ce sont notre relation aux autres, le fait que nous ne sommes pas reconnus ou compris par eux.

Ces quatre réalités se voient transformées et même ébranlées par le Christ et son évangile.

Elles sont en soi de l’ordre de l’échec (pauvreté, faim, pleurs et persécutions) mais pourtant elles peuvent être le chemin du vrai bonheur.

A une seule condition : qu’elles soient traversées à la suite de Jésus pour devenir ouverture et abandon au Père.

Insistons : ce chemin est celui de Jésus, qui l’a enseigné et vécu. Les béatitudes offrent une clef de lecture de la vie de Jésus. L’évangile nous le montre pauvre, lui qui n’avait pas d’endroit où reposer la tête, affamé au désert de la tentation et assoiffé de son Père qu’il recherchait dans la prière, pleurant sur la mort de son ami Lazare et sur le refus de Jérusalem, persécuté par ceux que la révélation de son Père offusquait.

Les béatitudes nous aident à contempler le mystère pascal : sur la croix, Jésus est pauvre et dépouillé de ses vêtements ; Jésus dit sa soif ; Jésus pousse son cri au Père (« Pourquoi m’as-tu abandonné ? ») ; Jésus est persécuté par son peuple et abandonné de ses disciples.

Mais c’est bien de cela, de cette pauvreté extrême de la croix que la joie pascale a jailli.

          Jésus a donc vécu les béatitudes. Il nous en montre le chemin en « descendant de la montagne » nous dit l’évangile d’aujourd’hui : non pas en escaladant des sommets vers lesquels nous aurions du mal à le suivre mais en venant à nous, pour nous faire goûter cette pauvreté promise à la joie.

          Plus que cela encore, Jésus nous promet un bonheur intégral.

De quel bonheur s’agit-il ?  

C’est le bonheur de la confiance de celui qui attend tout de Dieu, qui n’a plus rien à défendre, qui est tout ouvert au Seigneur.

          C’est aussi un bonheur intégral qui concerne notre corps. La résurrection de la chair dont saint Paul, avec une force qui est toujours d’à-propos, montre qu’elle est au cœur de notre foi. Nous sommes appelés au bonheur avec tout notre corps. De là la grande dignité des corps, de tout corps, surtout là où il peut sembler menacé, que ce soit aux marges de la vie (pensons à l’embryon, aux enfants, aux vieillards), que ce soit dans l’exclusion sociale (pensons aux personnes handicapées ou marginales, à toutes les précarités et pauvretés, aux injustices).

          Comment dès lors recevoir la bonne nouvelle de ces quatre béatitudes ? Tout d’abord, apprécions nos joies de pauvres. Elles peuvent paraître plus pâles que celles de la possession ou de la gloire mais sont pourtant plus profondes, plus vraies : sachons rendre grâce, miser dessus.

Désirons ensuite être pauvres.

          « Oui, dépouille-nous Seigneur, de toutes nos fausses richesses de nos vanités !  

Et revêts-nous d’humilité. »

Aimons aussi les pauvres, ce que nous sommes et ceux qui sont autour de nous.

          Finalement, c’est l’amour qui est la signature du vrai bonheur.

Amen.

Commentaires

  1. Philippe et Chantal Gayet
    le 23/02/2019 à 11h40

    Oh combien merci pour cette magnifique homélie

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