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Homélie. Le Corps et le Sang du Christ
"Vous ferez cela en mémoire de moi". © ND de la Bidassoa

Homélie. Le Corps et le Sang du Christ

. © ND de la Bidassoa

LE SAINT SACREMENT

DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST

 

          Le début de l’évangile d’aujourd’hui pourrait sembler un exemple hôtelier : un repas doit se tenir. Le maitre d’hôtel envoie ses équipes tout préparer ; rien ne doit manquer. Ça doit être impeccable.

          En ce soir où nous célébrons le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, cette insistance de l’évangéliste Marc sur les détails de la préparation du repas du Seigneur, doit nous alerter sur notre manière de préparer et de nous préparer à la messe.

          D’abord ce sont nos ancêtres, nos aînés dans la foi qui ont voulu que ce lieu soit digne et beau pour célébrer le Seigneur dans l’Eucharistie. L’état actuel de notre  église Saint Vincent est le résultat de l’investissement presque maladif du curé Joseph LAHET JUZAN qui voulait faire de ce lieu de culte l’écrin « chaud et lumineux », comme il disait, pour y célébrer dignement le Seigneur Jésus et donc le rencontrer dans la joie.

          De même, la richesse et la diversité des ornements liturgiques de cette église est étonnamment bien pensée par ce même prêtre pour qui rien n’était trop beau pour le Seigneur.

          Aussi, aujourd’hui, nous sommes tous chargés de maintenir dans cette église comme dans les trois autres églises de la paroisse la dignité, la noble sobriété de ce lieu devenu sacré parce qu’ici sont célébrés les sacrements du Christ et de l’Eglise, et surtout le sacrement de l’Eucharistie, le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Ce lieu existe, pour le Christ, sa gloire et non la nôtre.

          = Cela nous renvoie à chacune de nos personnes, car tu es, je suis, l’édifice de Dieu, le Temple de l’Esprit Saint. Nous devons donc maintenir beau et vrai le plus intime de nous-même, notre cœur, notre vie intérieure, notre foi : là où le Seigneur nous rejoint et nous parle cœur à cœur.

          Alors vient naturellement à mon esprit cette question : « comment est-ce que je me prépare à la messe ? »

          Quand j’arrive tout est prêt dans l’église, mais moi est-ce que suis prêt ou prête à entrer dans ce mystère qu’est la messe… un mystère qui nous dépasse parce que ici Dieu agit par les gestes des prêtres et du diacre…

          Si Dieu agit pour vous par nous, nous devons tous être prêts à ne rien perdre de ce don de Dieu qu’est son Corps sous l’apparence du pain, qu’est son Sang sous l’apparence du vin, mais aussi juste avant et absolument lié le don qu’est sa Parole, la Parole de Dieu, lue, proclamée ici et commentée par les homélies.

          Et puis quand nous envisageons de communier au corps du Christ, ne le faisons-nous pas trop automatiquement. Je pense que l’on peut parfois ne pas communier en attendant de nous confesser. Cela aussi c’est éminemment prendre au sérieux la préparation à la rencontre belle et vraie du Seigneur. Nous devons redécouvrir la joie du pardon, la joie de cette préparation intérieure à une nouvelle relation au Seigneur dans les sacrements.

          Enfin, sachons aussi revoir notre façon de communier : mes amis, si c’est dans la main, nous devons mettre notre main droite ouverte sous la main gauche puis prendre l’hostie avec notre main droite. Si c’est dans la bouche, nous devons suffisamment ouvrir la bouche. Il en va du respect envers le Christ que nous accueillons et de la vérité de notre foi.

          C’est tout cela faire les préparatifs du repas pascal qu’est la messe, l’Eucharistie.

          = Après cette première étape, l’évangéliste Marc, entre dans le vif du sujet, pourrait-on dire.

          Cela commence par : « Pendant le repas ». Et là nous est décrit avec sobriété la Cène, la première messe, le pain donné : « Prenez, ceci est mon corps » ; la coupe donnée : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude ». Et l’annonce de sa mort, de son sacrifice sur la croix : « je ne boirai plus du fruit de la vigne ». Et enfin l’annonce de sa résurrection et de sa gloire : « jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu ».

          Prendre part à ce repas, donc à la messe, avec plus de concentration encore, communier non par habitude mais avec ferveur et reconnaissance, c’est recevoir Jésus mort et ressuscité et passer avec lui de la mort à la vie.

          Une enfant qui fera sa première communion demain, donc imaginez sa joie, la première fois, et de même la joie de ses 35 autres camarades ; elle disait mercredi alors qu’on réfléchissait sur l’importance de communier :

« Communier c’est entrer dans la vie de Jésus ».

         

          C’est exactement ça : cette petite fille, comme moi, ne peut pas comprendre tout ce qui se passe dans l’eucharistie, mais elle livre toute sa foi en Jésus pour entrer dans la vie de Jésus.

          Cela veut dire que lorsqu’on reçoit le Christ en nous, toute sa vie est accessible : alors nous devenons comme lui, et toute notre vie doit devenir eucharistique. La célébration fait de nous des membres du Corps du Christ. Et nous agissons avec et comme lui.

          Il nous l’a promis : « celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes. » 

          Que le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, vénéré aujourd’hui par tous les chrétiens catholiques du monde, fasse de nous de nouveaux communiants, de nouveaux adorateurs, de nouveaux membres du Corps du Christ, de nouveaux envoyés nourris devenant nourrissants pour les autres et surtout les plus petits.

          Car autant le Christ est présent dans le Saint Sacrement, autant est-il présent dans les pauvres. Voilà notre vie eucharistique.

                                                                     Amen

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