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Messe des Fêtes patronales de la Bixintxo 2019 - Homélie du 2e dimanche du temps ordinaire
Un Hommage par la danse © Manex Barace

Messe des Fêtes patronales de la Bixintxo 2019 - Homélie du 2e dimanche du temps ordinaire

Il est largement question d’amour et de joie

dans les lectures de ce dimanche qui est jour de fête

pour notre paroisse et notre ville d’Hendaye depuis 1650.

 

Il est largement question d’amour et de joie dans les lectures de ce dimanche qui est jour de fête pour notre paroisse et notre ville d’Hendaye depuis 1650.

== Nous savons que Saint Vincent de Huesca ou de Saragosse a été choisi comme Saint patron chez nous par les pêcheurs du XVIIème siècle parce qu’ils voulaient être présents avec leur femme et leurs enfants à la prière et la fête de celui qui allait les protéger, autant eux en mer, que leurs familles à terre. Il fallait donc être rassemblés pour l’honorer.

Or quand Monseigneur Jean d’Olce, évêque de Bayonne à l’époque, créa la paroisse d’Hendaye, il lui attribua un autre St Vincent comme patron, St Vincent de Xinte ou de Dax dont la fête se célébrait le 1er septembre. Donc en pleine saison de pêche à la baleine alors que les hommes étaient au large, bien loin d’Hendaye.

Leur détermination a gagné. St Vincent de Huesca fut choisi (comme à Ciboure d’ailleurs, à la même époque) et nos pêcheurs le baptisèrent même du nom affectueux de Bixintxo, le petit Vincent.

Au passage, (un peu de chauvinisme) on devenait indépendant de la gigantesque Urrugne qui, elle, gardera comme patron St Vincent de Dax.

C’est dire que notre saint Patron appartient bien à l’ADN de notre ville et de notre paroisse et que nous en sommes fiers ; et que nous nous confions à lui, parce qu’il a eu un sacré courage devant l’adversité.

== Cette année encore, souvenons-nous qu’il était jeune diacre, serviteur de l’Église dans le diocèse de Saragosse, il était même le porte-parole de son évêque Valère, âgé et peu doué pour la parole.

En ce 4ème siècle, on persécutait les chrétiens : le préfet de la province romaine de Valence, Dacien, réputé pour sa cruauté, fit arrêter l’évêque et son diacre et chercha à leur faire renier leur foi au Christ (à les faire apostasier). Vincent resta ferme et courageux dans la foi chrétienne qui l’animait de façon encore plus belle que jamais.

On lui fut subir les tortures les plus raffinées, sans pouvoir ébranler la constance de ce serviteur du Christ.

Il conserva un calme inaltérable, se réjouissant même avant de mourir le 22 janvier 304.

Après sa mort, on s’acharna encore sur son cadavre.

Mes amis, on ne peut pas oublier qui veille sur nous, Bixintxo, ce jeune diacre courageux et fidèle à ses convictions et à sa foi sans réserve, sans retour ; reconnu Saint. Il nous est donné comme protecteur et comme exemple.

Alors au-delà de nos différences, de nos petits ou grands combats locaux, de ce qui risque à la longue de nous diviser profondément, faisons corps autour de Saint Vincent : comme lui, redécouvrons ou approfondissons notre foi ; comme lui, soyons au service de tous ; comme lui affrontons les contrariétés et les difficultés inévitables avec dignité et persévérance ; comme lui qui était tout donné à son évêque, soyons donnés aux autres ; vivons pour les autres.

Cela signifie valoriser les apports, les différences, le don des charismes en sachant que chacun, avec ses qualités y met du sien, mais a besoin des autres.

C’est cela aimer. Aimer c’est donner.

== Et nous voilà en plein cœur de l’évangile d’aujourd’hui, où le Christ Jésus aime en donnant. Interpellé par Marie sa mère au sujet du manque de vin à la fin d’un mariage… il manifeste son amour pour ces jeunes mariés et leurs invités en leur donnant du très bon vin ; à la surprise de tous. Et même de l’eau changé en vin.

Et c’est le premier signe de Jésus : un signe qui n’est pas religieux, qui n’est pas fait dans un lieu de culte… un signe profane et en pleine salle de noces.

Il révèle ainsi qu’il est venu ouvrir la religion et les lieux de culte à l’humain, par l’amour et pour la joie.

Il ne veut pas être un gourou, même pas un prêtre à la manière de son époque, mais le serviteur de tous révélant ainsi le cœur de Dieu ; il donne sa vie, comme il donne le vin le meilleur, comme il donnera le vin de son sang sur la croix (le vin et le sang : VINCENT, nous sommes vraiment bien protégés) le vin devenu sang de façon sacramentelle et réelle à la messe ; Jésus veut aussi que nous vivions ensemble, tous invités à un même repas des noces dès aujourd’hui et même plus tard au ciel tous rassemblés ; il nous aime ainsi en donnant, en se donnant. Voilà celui en qui nous avons mis notre foi, le Christ… en par conséquent les saints, parmi lesquels St Vincent Bixintxo, on fait de leur vie une réussite d’amour et de joie partagés à la suite de Jésus… jusqu’au martyr pour un grand nombre d’entre eux.

Que notre ville se laisse aimer par le Christ et par Saint Vincent Bixintxo ; eux nous aiment, c’est sûr !

De cette source d’amour nous saurons tous et chacun, vous et moi, aimer de façon plus vraie, plus désintéressée pour que grandissent les autres. Même si c’est dur, si nous vivons le martyr dans nos choix et responsabilités, continuons notre vocation au service.

Cette source d’amour est aussi réelle et abondante ici à la messe, quand nous communion au corps du Christ, quand nous écoutons sa Parole vivante, pour devenir dans la semaine et dans notre chère ville hommes et femmes de communion, hommes et femmes d’écoute et de parole.

Au cœur de nos fêtes, cette messe, cette halte spirituelle, vous est offerte pour la consommer sans modération, elle est vin nouveau pour notre vivre-ensemble !

Amen

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