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Oui,... vous la connaissez !...
Madeline Diener © http://madeline-diener.art-sacre.net/

Oui,... vous la connaissez !...

Madeline travaillant la terre cuite © http://madeline-diener.art-sacre.net/

 … du moins, avez-vous pu lire sa signature

sur le « Chemin de foi de Marie » - chapelle de Socori.

Urrugne

Si ce n'est pas le cas, allez-y !

 

Il s'agit de Madeline DIENER, magnifique artiste de l'art sacré qui a créé les céramiques des stèles de ce lieu privilégié d'union avec Marie dans tous ses « Oui » à Dieu par sa foi, exemplaire pour tout chrétien.

Si vous n'êtes pas catholique, raison de plus pour vous intéresser au « chemin de foi » de Madeline, élevée dans un œcuménisme (« élargi ») également exemplaire !

Extraits du site de sa fondation, « Le parfum de Béthanie », que je conseille vivement de visiter, rubrique après rubrique ; impossible de réduire d'avantage tant tout est « attachant » ! : http://madeline-diener.art-sacre.net/

Accueil : « Madeline Diener (1930-2000) était une artiste suisse profondément religieuse, au fait d’une culture très ouverte au monde et disposant d’une vaste maîtrise technique. Elle a réalisé des oeuvres prestigieuses en Italie, en France, en Suisse, spécialement à l’abbaye de Saint Maurice où elle fit la porte de bronze et le nouveau baptistère. …/...

En s’efforçant de rejoindre l’aspiration la plus profonde de tout homme, elle cherchait à soutenir la prière des gens simples comme celle des plus instruits. »

La vie et les œuvres : « Lors de la messe de sa sépulture dans l’abbatiale de Saint Maurice – pour laquelle elle avait réalisé un nouveau baptistère – complété d’une Porte dédiée aux Martyrs, Monsieur l’Abbé Beaud définissait cette artiste comme « une humble fille de Pâques ». En effet, son talent manifeste la profondeur de sa foi.

Dès ses premières années elle a trouvé dans l’art l’expression la plus authentique d’une foi très précoce et assez vive pour s’adresser à tous.

L’ouvrier qui, en 1999 vint chercher, à l’atelier, la mosaïque destinée au nouveau cimetière de Neirivue ne savait pas raconter la scène de l’apparition à sainte Madeleine au matin de Pâques. Mais il était touché par l’image puisqu’ il expliquait :

« C’est un Jésus qui parle – et qu’est-ce qu’il dit ? Il dit : Je suis là ».

Le décor du cimetière où Madeline repose y développe les étapes de l’écoute de Dieu car elle ne rêvait pas de faire de la foi une échappée à la dureté de la vie.

En 1992, chargée de décorer le nouveau cimetière de Massongex, elle osa figurer les différents états de conscience dans une grande mosaïque décrivant le désespoir, puis le réconfort offert par une disciple du Christ ; enfin l’élan de l’une des Saintes Femmes vers l’Ange qui annonce la Résurrection.

Le chemin, qui les réunit tous, est de plus en plus clair et de plus en plus étroit. Elle le connaissait bien et associait tous les pèlerins de ce monde en les convoquant ensemble sur cette voie lumineuse.

Au terme de ce parcours, une statue du Seigneur domine les portes de la mort qu’Il écarte et les filets d’eau qui coulent de ses plaies brillent au soleil pour proclamer la grâce du salut. »

Un parcours atipyque : « … son chemin est original en ce qu’elle venait d’une famille aux appartenances multiples, et que sa formation humaine était très particulière. Dès son enfance, elle était spécialement sensible à la complexité tant sociale que spirituelle du nombre des gens qui entrent dans les églises. De la sorte, le Concile Vatican II n’a pas modifié ses premiers choix et elle n’a pas ressenti, comme beaucoup d’autres, la nécessité d’une rupture avec les usages antérieurs....

«Madeline Diener est née le 20 décembre 1930 d’un ménage déjà séparé et a donc été élevée chez son grand-père maternel, Oscar Hirschfeld, après qu’il eut vendu son usine de broderies de Saint Gall et qu’il se fut installé au bord du lac Léman, à Lausanne et à Chexbres.

 Madeline a été marquée par l’exemple de son grand-père maternel dont l’historien Joseph OURS raconte qu’il fut le premier patron de l’Europe à associer aux bénéfices les 500 ouvriers de son entreprise de tissus brodés à St-Gall, le premier aussi à inventer les « congés payés ». Ce pourquoi saint Pie X voulut le recevoir au Vatican.

Pour comprendre les particularités de l’éducation de Madeline Diener , il faut placer sa formation artistique dans le contexte de l’histoire de l’Europe. …/... la vaste culture des parents de cette artiste. Non seulement, leur enfant était polyglotte mais dès sa jeunesse elle fut aussi initiée par eux aux traditions culturelles exotiques.

A Hohenems en Autriche (Vorarlberg), on peut apprendre, l’histoire séculaire de cette famille à l’émouvant Musée Juif que les descendants Hirschfeld ont fondé dans la maison familiale en 1998, pour être un appel à la Paix. L’arriere grand mère de Madeline y a été arrêtée et déportée. A l’entrée, une plaque de cuivre évoque son dévouement héroïque en 1943.

Par ailleurs, la proche parenté maternelle et paternelle de Madeline Diener appartenait à différents courants religieux : juifs ou protestants, même agnostiques, mais toujours assez spirituels pour entretenir de belles amitiés avec des Bouddhistes, des Communistes, des athées, et la petite fille les respectait tous, bien que se reconnaissant personnellement catholique.

Le grand père de Madeline, était juif libéral, extrêmement artiste et cultivé. Il vendit la belle maison de Chexbres dans laquelle il s’était retiré pour y passer sa retraite, afin d’acquérir à Chaulin une ferme assez vaste pour abriter les quinze membres de sa famille, juifs réfugiés d’Autriche et d’Allemagne. En même temps, ce généreux aïeul finançait les études des garçons au Polytechnicum de Zurich et leur installation ultérieure aux U.S.ACette grande libéralité avait été forgée par une cruelle série de deuils familiaux qui l’avait éprouvé dès son adolescence.

C’est un homme exceptionnellement libre qui cultiva les dons de celle qui fut le sourire de sa vieillesse. »

Entourée d’une élite fortunée, la petite fille mesura pourtant très jeune le danger de la richesse qui risque d’altérer l’humanité des « privilégiés ».  …/...

On comprend la maturité précoce qui l’attacha à la longue succession des spirituels amoureux de la pauvreté comme moyen d’accéder à Dieu dès cette terre : Rembrandt, saint François d’Assise, le bienheureux Charles de Foucauld …/... qui resta cependant son modèle. »

Première éducation biblique de Madeline : « Dès ses huit ans, les circonstances familiales ont causé l’initiation biblique très exceptionnelle de la future artiste. Son grand-père maternel, habitait alors la ville de Lausanne, il voulait que la petite fille soit élevée dans la religion de son père. Or, celui-ci habitait Zurich et venait d’une famille protestante, fervente depuis la Réforme ! Quant à la maman, ravagée par les deuils cruels de leur famille, elle cherchait son chemin en pratiquant un accueil généreux des intellectuels chassés de leurs pays - Italie, Espagne, Japon - à cause de leurs divers engagements spirituels.

Son grand-père a confié l’initiation catéchétique de Madeline Diener au Pasteur William Cuendet qu’il connaissait bien. Celui-ci, frappé des dons artistiques de l’enfant, l’a instruite en lui expliquant les gravures bibliques de Rembrandt dont il possédait la collection. …/...

/... le Pasteur William Cuendet .../... était frappé des dons artistiques de la petite en même temps que de la rigueur de la foi de celle-ci. L’art de ce fin pédagogue évitait à Madeline des choix trop précoces et difficiles en éduquant une attitude contemplative ouverte au Mystère révélé. Il fut le premier à accueillir le désir de la jeune adulte d’officialiser sa foi catholique, et il s’en réjouit :

« Je t’y ai toujours préparée parce que tu es tellement artiste que tu aurais fuit une pratique religieuse qui se serait défié de l’image», expliqua-t-il. 

On comprend mieux pourquoi Rembrandt imprégna si profondément l’art de Madeline. Au XVII° siècle, la plupart des artistes du « siècle d’or » de la Hollande habillaient de vêtements princiers la Vierge Marie, et les saints.../... Or, le croyant Rembrandt se distinguait de cette mode par sa pratique obstinée de représenter la pauvreté de « celui qui a tellement pris la dernière place que personne n’a pu la lui ôter ». …/...

Madeline qui avait, déjà toute petite, remarqué et déploré l’attrait de l’argent parmi les relations de sa riche famille, apprit aisément à reconnaître les traits du Christ sous ceux des méprisés.

Quand elle décorait la façade de l’église Saint-Jean-des-deux-moulins près de la place d’Italie, elle achetait des gâteaux au fromage et au chocolat pour les partager avec les mendiants qu’elle rencontrait à l’entrée du métro. «Comment pourrais-je représenter le Christ, si j’étais passé à côté de Lui sans l’honorer?», expliquait-elle. »

Très intéressant, et parlant, à voir sur

le "Chemin de foi de Marie" à Socori :

… /... « Madeline ressentait tellement l’importance des mains que les anecdotes sont nombreuses de la part de ceux qui la voyaient travailler… “Elles sont si fraternelles que je me sens redevenir un homme ! “, remarquait un jeune drogué qui était assis par terre au pied de l’échelle sur laquelle elle sculptait un Christ en gloire. »

/... « Lorsque le Pasteur Cuendet se réjouissait de ce que son élève, devenue adulte, se déclare catholique, c’est qu’il avait distingué le regard « symbolique » de l’artiste et que la foi de celle-ci était nourrie par les sacrements célébrés à l’église.

Lorsque, plus tard, l’artiste eut à décorer des lieux de culte, sa première préoccupation fut de rendre accessibles « les Mystères » en exprimant la portée symbolique de la matière des sacrements aux yeux de tous ceux qui les verraient. »

/... La formation par le voyage : quelle que soit la technique dont Madeline Diener usait pour en fixer le souvenir, elle nous fait partager son émotion contemplative devant les paysages ou les constructions découverts par elle au cours des nombreux voyages qu’elle fit en Europe, mais aussi en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Elle s’intéressait aux diverses religions rencontrées, non pour les opposer à sa foi personnelle mais bien plutôt pour enrichir celle-ci de l’intuition portée par d’autres traditions sous des cieux différents mais tous créés par le même Dieu.

L’expression religieuse : En effet, en lui expliquant l’Ecriture Sainte, grâce aux gravures de Rembrandt, le Pasteur William Cuendet qui l’instruisit de la foi chrétienne lui avait fourni un langage religieux assez profond pour la rendre capable de discerner, à travers la Nature, toute recherche humaine de la trace de Dieu en notre monde. »

Il y a beaucoup encore à lire sur le site

et la gallerie est à visiter, sans faute ! (JT)

 

 

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