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Une course de vélocipède à Hendaye-plage
Tricycle © Jacques Eguimendya

Une course de vélocipède à Hendaye-plage

Bicycle © Jacques Eguimendya

«  Comme il se doit, un tel événement international se termine par un banquet. » et …

 

En cette année 1887, le vélocipède, grâce aux Anglais, notamment les industriels de Coventry, amorce une évolution technique qui aboutira au cyclisme actuel et conquiert de plus en plus le public. De son côté, Hendaye plage, se transforme et se prépare à son nouveau destin balnéaire. Les conditions sont réunies pour que les courses de vélocipède deviennent l’une des bases de l’animation de la cité balnéaire.

Après le succès rencontré par la réunion de mai, la Commission des Fêtes, propose en ce mois de septembre 1887, une nouvelle compétition de vélocipèdes rassemblant les meilleurs compétiteurs régionaux, sur bicycle et tricycle. Organisée par le Véloce-Club Bayonne-Biarritz, elle se déroule sur le tout nouveau Jeu de Paume de Hendaye-Plage mis gracieusement à disposition par la société du même nom.

Pour l’occasion une piste de 200 m a été tracée. Les deux voies parallèles sont reliées par des virages beaucoup trop serrés. Les trous ont été bouchés et camouflés par du sable ce qui ne manquera de provoquer de nombreuses chutes et malheureusement de nombreux rires.

Ce dimanche 18 septembre, sous le regard du jury composé par Monsieur Vic, maire de Hendaye, Don Santiago Gal de Irun, Dautin de Hendaye, le secrétaire du V-C Bayonne-Biarritz et des journalistes du Courrier de Bayonne et du Bidasoa, les « Velocemen » effectuent un lever de rideau sous forme d’un « Velousel » effectué au rythme de l’orchestre Hontan. Le public est moins nombreux que prévu. Il est vrai qu’il y a la concurrence, à Irun, du défi sur la Bidassoa entre les embarcations « Juanita » et « Churruca » ainsi que les novilladas de Lezo. Cependant, l’opposition franco-espagnole est tout un spectacle, l’enthousiasme de nos amis d’outre-Bidassoa s’opposant à la placidité des français.

Les « velocemen » s’affrontent sur 7 courses, non sans contestations à propos de l’ordre des épreuves. Malicieusement, deux courses, les premières, sont réservées aux Espagnols, les cinq autres sont internationales. Trois courses sont effectuées sur tricycles. Etonnamment, l’avant dernière est une course de lenteur. Damborenea d’Irun et Boyer de Bayonne sont deux fois vainqueurs sur bicycle et tricycle. Gouaillardet s’attribue la course internationale sur tricycles et Beconnais de Bayonne la course de lenteur en faisant admirer sa maîtrise du « sur place »

Apparemment peu habitué à ce type de spectacle et surpris, le correspondant du Bidasoa adopte le style hippique pour rendre compte des confrontations à ses lecteurs, en décrivant les couleurs des casaques et des toques. Celui du « Véloce-Sport et le Velocemen réunis » de Bordeaux, reste quant à lui technique et sobre.

Comme il se doit, un tel événement international se termine par un banquet. Tenu dans les locaux de la Société du Jeu de Paume il est offert aux Velocement ayant participé à la compétition. On y dispense force toasts en faveur des espagnols et de leur première compétition en France.

Banquet sans doute arrosé car, à son issue, messieurs Noyer et Beconnais, ayant décidé d’aller faire un tour au bourg ont vécu une aventure peu banale. La nuit étant particulièrement noire, ils ont perdu la trace du chemin longeant la Bidassoa. Noyer a fait une chute de 8 mètres dans le fleuve transfrontalier et son collègue voulant le tirer de ce mauvais pas l’a malheureusement imité. Les cris insistant des deux hommes ont alerté le Bas-quartier. Ils ont été remontés et soignés dans une auberge par le Docteur Durruty et le pharmacien Monsieur Carrayrou. Une péripétie qui ne peut que renforcer la pensée de Monsieur Vic, maire de Hendaye, sur l’urgence de faciliter la liaison entre la plage et le bourg par une nouvelle route et un tramway.

Jacques Eguimendya

Président AGORA-Txingudi


Sources : El Bidasoa du 25 septembre 1887

Le Véloce-sport et le Velocemen réunis n°34 du 6 octobre 1887

Histoire Générale de la vélocipédie -Louis Baudry de Saunier -1891

Le supplément du Figaro Littéraire du Dimanche 4 octobre 1890


 

Commentaires

  1. Philippe et Chantal Gayet
    le 29/12/2017 à 08h39

    Amusant et très intéressant ! Merci

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