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La Paroisse
Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire - Fête de la Mer à Hendaye
Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire - Fête de la Mer à Hendaye

| Jean-Marc Lavigne 810 mots

Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire - Fête de la Mer à Hendaye

16ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE A

Messe de la Fête de la Mer – 23 juillet 2023

 

            La mer est un thème récurrent dans les évangiles : plusieurs épisodes se passent au bord de la mer, le lac de Galilée, car les premiers disciples de Jésus sont des pécheurs, des marins pécheurs professionnels, que Jésus va appeler dans leurs barques ou en train de nettoyer leurs filets, pour en faire des « pécheurs d’hommes ».

 

            Jésus va réaliser deux miracles de pêche miraculeuse, à faire rêver les pécheurs d’hier et d’aujourd’hui… Il va apaiser la tempête qui fait tanguer dangereusement la barque des apôtres ; il va même marcher sur la mer : un miracle qui a une forte charge symbolique, puisque les flots tumultueux qui recouvrent les abysses représentaient les forces du mal que le Seigneur vient dominer et maîtriser par la puissance de sa divinité.

 

            Il y aussi une célèbre parabole qui évoque la mer : le royaume de Dieu est comparable à un homme qui jette son filet dans la mer et qui le ramène plein de toutes sortes de poissons.

            Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.

            Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des juste.

 

            Nous retrouvons l’évangile de ce dimanche où pousse en même temps dans un champ, le bon et le mauvais, le bon grain et l’ivraie.

            Et c’est à la fin du monde, à la moisson, que se fera le tri… s’il était fait aujourd’hui et par nous seuls, on risquerait d’abimer le bon grain et arrachant l’ivraie.

            Jésus aimait enseigner le cœur de son message à travers de telles paraboles sur le travail des marins et le labeur des agriculteurs.

 

            Aujourd’hui, les travailleurs de la mer, comme ceux de la campagne ou de la montagne, savent bien que la nature qui les nourrit ne leur fera jamais gagner des fortunes, toujours beaucoup moins en tous cas que ceux qui spéculent sur les cours du poisson ou du blé ou du lait.   

            Les travailleurs de la mer se doutent bien que la valeur de leur travail dépasse infiniment ce qu’il rapporte et qu’il ne peut pas se mesurer seulement en termes de rentabilité.

 

            Ils savent que la dignité de leur travail est liée à la beauté de cette rencontre entre l’homme et la nature, lorsqu’il sait la respecter, l’aimer et la servir.

            Il y a là une vocation de l’homme dont la bible nous parle dès les premières pages, dans le récit de la création : « soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux dans le ciel et de toutes les bêtes qui vont et viennent sur la terre ».

            Maîtriser ne signifie pas dominer et maltraiter, mais servir et entretenir.

            L’homme, homme et femme, reçoit la noble mission d’être le jardinier du monde, dans un rapport de réciprocité et d’humilité : nous avons besoin de la nature qui a besoin de nous.

 

            Croire en Dieu créateur nous oblige à respecter sa création. C’est pourquoi nous plaidons pour une écologie intégrale, qui respecte la nature humaine autant que la nature tout court.

 

            Nous n’avons pas pour autant une vision idyllique et romantique du marin pécheur comme de l’exploitant agricole.

            Ce sont des métiers difficiles, où « l’on se fatigue sous le soleil », où l’on doit se confronter à une nature parfois hostile, cruelle.

 

            A ce propos, vous connaissez ces vers de Victor Hugo, dans Océano Nox, que nous apprenions autrefois à l’école :

« Oh! Combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, 

Dans ce morne horizon se sont évanouis !

Combien ont disparu, dure et triste fortune !

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l'aveugle océan à jamais enfouis ! »

 

            C’est pour cela que je suis touché par ce geste de bénédiction que nous accomplirons tout à l’heure, en jetant une gerbe de fleurs à la mémoire de ces marins qui ont péri dans leur travail, leur mission de sauveteurs, au service de leur famille, de leur patrie.

            Ces valeurs d’abnégation, de désintéressement, de service et de don de soi, font notre dignité. Elles nous rappellent que ce sont les valeurs spirituelles qui donnent sens à nos biens matériels.

            Prions pour qu’en contemplant la mer, nous n’oublions pas ceux qui y travaillent, ni Celui qui nous l’a donnée. Demandons au Seigneur cette générosité du cœur qui nous permette d’aimer et de servir notre prochain sur terre et sur mer.

                                                                                   Amen

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