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La Paroisse
Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire
Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire

| Jean-Marc Lavigne 973 mots

Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire

26ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE A

 

            == Le Christ nous rappelle aujourd’hui que ce qui compte dans la vie, ce ne sont pas les belles paroles mais les actes. On juge quelqu’un sur ce qu’il fait et non pas sur ses bonnes intentions.

 

            C’est le fils qui finit par aller travailler dans la vigne qui fait la volonté de son père. S. Paul disait dans sa lettre aux Romains : « Ce ne sont pas les auditeurs de la parole qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui mettent cette parole en pratique » (Rom 2, 13).

 

            L’une des accusations les plus graves que l’on puisse porter contre quelqu’un c’est de lui reprocher d’être riche en paroles mais pauvres en actions : « grand parleur, petit faiseur ».

 

            L’évangile nous dit la même chose en d’autres termes ; en voici trois exemples dans l’évangile selon saint Matthieu : « Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père » (Mt, 7, 21). « Celui qui se limite à écouter la parole et ne la met pas en pratique,    est comme quelqu’un qui construit sa maison sur le sable...» (Mt 7, 26). Le Christ adresse ce reproche aux pharisiens de tous les temps : « Ils disent mais ne font pas ». (Mt 23, 3).

 

            Je relisais dernièrement l’histoire d’un homme qui, suite à un accident de voiture, était obligé de se déplacer en chaise roulante. Ses voisins et ses amis allaient le visiter et en partant, plusieurs disaient : « André, nous allons prier pour toi ». Et lui répondait : « C’est bien, mais en fait je peux très bien faire mes propres prières. Si vous voulez vraiment m’aider, lavez la vaisselle qui se trouve dans l’évier et apportez les sacs d’ordures au chemin ! » Cet homme avait besoin d’aide et il voulait que les prières et les bonnes paroles de ses amis soient accompagnées de gestes concrets.

 

            L’un des drames de la vie sociale se produit lorsque la parole donnée cesse d’être fiable, de se traduire en actes, lorsqu’on perd confiance dans ce que disent les autres. Nous connaissons bien ce phénomène dans nos sociétés modernes. Nous ne croyons plus aux discours des politiciens, aux promesses de la publicité, aux jugements de certains journalistes.

            La parole donnée semble avoir perdu sa valeur et, en conséquence, la confiance dans nos représentants, dans nos institutions disparait.

            Même dans la vie familiale, tout semble fragile et provisoire. Les promesses et les engagements sont de courte durée.

 

            Notre foi chrétienne ne doit pas être une foi de paroles seulement, mais une foi active qui influence tous les aspects de notre vie : la famille, le travail, les loisirs, les relations avec les autres… Le christianisme nous renvoie à nos responsabilités quotidiennes. Il s’agit de « faire » et non de « dire ».

 

            == Le texte d’aujourd’hui nous rappelle une autre vérité importante pour le Seigneur : dans la vie, les jeux ne sont jamais faits. Il est toujours temps de se reprendre.

            Quelle que soit notre histoire, quels que soient nos refus précédents, un changement est toujours possible.    Avec Jésus nous ne sommes jamais enfermés dans notre passé. Nous avons toujours une deuxième chance. Personne n’est figé dans ce qu’il a fait auparavant. L’avenir reste ouvert.

 

            Pour Dieu, personne n’est étiqueté ou figé dans le temps. Il n’y a que des hommes et des femmes en pleine évolution qui avancent ou qui reculent.

 

            La parabole d’aujourd’hui, la parabole des deux fils est un appel au changement et au renouveau. Dans la vigne du Seigneur, il y aura toujours de la place pour ceux et celles qui répondent à son invitation. C’est ce qui est arrivé à Zachée, Marie Madeleine, la Samaritaine, et tant d’autres.

 

            Leur rencontre avec Jésus a complètement changé leur vie.

            Tout au long des évangiles, nous découvrons que les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés.

 

            Comme nous l’a rappelé le prophète Ézéchiel, le juste peut se pervertir et le méchant se convertir.

 

            Jésus voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun. Il accueille le pécheur qui revient à Dieu.

            Les publicains (collecteurs d’impôts) et les prostituées avaient commencé par dire « non » à Dieu par leur mauvaise vie. Mais ils se sont convertis. Ils ont accueilli celui qui, seul, pouvait donner un sens à leur existence.

 

            Les jeux ne sont jamais faits. Il est toujours possible de changer, de repartir à zéro et de nous engager dans les voies de Dieu, c’est-à-dire de changer d’opinion et d’aller travailler dans la vigne du Seigneur.

 

            En ce jour, nous entendons la Parole du Père : « Mon fils, va travailler aujourd’hui à ma vigne ! » Cette vigne c’est le Royaume de Dieu, Royaume d’amour, de justice et de paix. C’est là que Dieu veut rassembler tous les hommes, y compris ceux qui sont loin de lui.

Ce fils, c’est vous et moi, et c’est tout homme, toute femme qui, même tardivement, même après une vie tumultueuse ou dissolue, décide de se reprendre, et d’aller à la Vigne du Père.

 

            Travailler à la Vigne du Seigneur, c’est participer à cette œuvre de rassemblement, c’est témoigner de la foi et de l’espérance qui nous habitent.

            Nous sommes tous envoyés dans ce monde pour y être des messagers de l’Évangile. C’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

 

            Nous allons célébrer ensemble l’Eucharistie : qu’elle soit pour chacun de nous le lieu du repentir qui précède un engagement plus vrai dans la vigne du Seigneur.

                                                                       Amen

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