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La Paroisse
Homélie du 33ème dimanche du temps ordinaire année A
Homélie du 33ème dimanche du temps ordinaire année A

| Jean-Marc Lavigne 957 mots

Homélie du 33ème dimanche du temps ordinaire année A

33ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE A

 

           Je partirai d’une tranche de ma vie : quand j’étais au Lycée, j’ai eu un passage un peu difficile au niveau scolaire ; les résultats n’étaient pas excellents… et j’avais de la peine parce que, pourtant, je travaillais… mais. De plus mes copains eux avaient de grandes facilités. Dur dur.

            Et en fin d’année scolaire, une professeur, celle que je craignais le plus, pourtant, me fait rester avec elle à la fin de son cour et me dit : « Tu vois Jean-Marc, tu ne réussis pas toujours en classe mais je sais que tu travailles ; je sais aussi que tu veux être prêtre ; ne te décourage pas, tu as des talents et tu arriveras à réaliser ton rêve ; tu as tous mes encouragements. »

 

Et nous venons d’écouter l’évangile de la parabole des talents. Ces talents ont été distribués de manière bien inégale entre le serviteur qui en reçoit cinq, un autre deux et le troisième un.

 

A l’époque le talent était une unité monétaire de grand prix ; mais on comprend très vite qu’il s’agit aussi et surtout des dons dont le Seigneur nous gratifie.

 

De fait, c’est vrai que nous ne disposons pas tous des mêmes dons et que certains en ont sans doute plus que d’autres. Est-ce vraiment injuste ? Certainement pas ! 

Vais je m’offusquer parce que je n’ai pas les dons et les compétences de Beethoven ou du Caravage ?

Vais-je désespérer parce que je ne dispose pas des mêmes qualités que Pavarotti ou Victor Hugo ? Non.

 

Mais tous autant que nous sommes, nous vivons et faisons l’expérience de la même égalité qu’est celle de la volonté de faire croître, fructifier ces dons et dans le domaine spirituel, nous avons à assumer la même responsabilité.

C’est en cela que nous sommes tous égaux.

 

Tous, nous disposons de cette même force, de cette même volonté et les efforts de tel grand musicien ne sont pas plus méritoires que tel artisan qui fait bien son travail ou telle ménagère qui élève bien ses enfants. Où tel lycée qui finalement à force de motivation et d’encouragement et d’estime de soi arrive à faire un joli parcours puis un métier qui lui plait.

 

Ce que le Seigneur demande justement, c’est de pouvoir fournir ces efforts pour faire fructifier ce qui nous est donné.

Finalement, le message de Jésus ne tourne-t-il pas autour de cette volonté ? Souvenons-nous du figuier qui n’a rien rapporté. Le maître voulait le faire couper parce qu’il ne donnait aucun fruit. Heureusement que le vigneron (c’est-à-dire le Christ) est là pour sauver ce que l’on croyait perdu.

Ce sera sur ces engagements quotidiens – rien d’exceptionnel ! – que nous serons jugés.

Ce sera sur tous ces efforts pour grandir et être presque à la mesure de l’amour de Dieu que nous serons évalués et que nous nous évaluerons aussi.

 

Le message de Jésus est clair. Non au conservatisme, oui à la créativité. Non à une vie stérile, oui à une réponse active à Dieu. Non à l’obsession de la sécurité, oui aux efforts risqués pour transformer le monde.

Non à une foi enfouie sous la conformité, oui à un engagement à la suite de Jésus. Il est très tentant de vivre en évitant toujours les problèmes et en recherchant la tranquillité : ne pas s’engager dans tout ce qui pourrait nous compliquer la vie, défendre notre petit bien-être.

Mais dans ce cas, finalement, il n’y a pas de meilleure façon de vivre une vie stérile, petite et sans horizon.

 

Les deux premiers serviteurs ont réussi à faire grandir ce qui leur avait été confié. Le troisième a vécu dans la peur, la crainte de la colère du maître, figé dans une situation qui ne pouvait rien apporter. Et c’est cela que le maître lui reproche : « Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. »

Il ne s’agit pas de flatter celui qui a davantage. Il s’agit de mettre en lumière les efforts que l’on peut fournir.

 

Et nous ? Aujourd’hui ? Quels sont nos talents (Nous en avons tous !) et qu’en faisons-nous ?

Il s’agit de tous ces dons qui font que nous avons de la valeur aux yeux de Dieu. Une valeur identique pour tous.   

 

Apprenons alors, non seulement à redresser la tête, mais aussi à voir dans l’autre, surtout le plus petit, le plus humble, le plus silencieux, un homme ou une femme dépositaire des mêmes richesses que moi.

 

En conclusion et en résumé :

 

Notre plus grand risque est de geler notre foi et d’éteindre la fraîcheur de l’évangile, comme le troisième serviteur peureux et fainéant.

 

Nous devons nous demander ce que nous semons dans la société, à qui nous donnons de l’espoir, où nous atténuons la souffrance.

 

Ce serait une erreur de nous présenter devant Dieu avec l’attitude de ce troisième serviteur ; et de lui dire :

 

« Seigneur, voici ton talent. Voici ton évangile, ton projet de royaume, ton message d’amour pour ceux qui souffrent, voici ton Eglise, voici ta paroisse, c’est ton talent Seigneur, je te le rends.

Je l’ai fidèlement préservé. Il n’a pas servi à transformer nos vies ou à introduire ton royaume dans le monde. Je n’ai pas voulu prendre de risques. Mais le voici intact ».  

 

Le Seigneur attend beaucoup plus de chacun de nous.

                                                                       Amen

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