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L'Eglise
Homélie (basque et français) de l’abbé Dominique CORNU lors des obsèques de l’abbé Emile HARIGNORDOQUY - Hommage par un de "ses" nombreux jeunes.
Homélie (basque et français) de l’abbé Dominique CORNU lors des obsèques de l’abbé Emile HARIGNORDOQUY - Hommage par un de "ses" nombreux jeunes.
© ... "Je retiens le symbole de la photo de cette célébration : Emile pas très grand de taille mais les bras grands ouverts à l’horizontale."...

| ND de la Bidassoa

Homélie (basque et français) de l’abbé Dominique CORNU lors des obsèques de l’abbé Emile HARIGNORDOQUY - Hommage par un de "ses" nombreux jeunes.

" Emile tu m’as dit l’été dernier, avant que la parole ne commence à te manquer, « Quand on dira une messe à Baigorry avant de me mettre en terre, parle et dis celui que j’ai été ici, avec les jeunes, avec les groupes. Celui que j’ai voulu être. » ...

 

Homélie

Beti bezala, ebanjelioaren ondotik kantatu dugu « Jaunak errana » « Eskerrak zuri Jauna ». Lehengo hitz batzu guretzat berri onaren emaile dira, erakutsis nor den Jainkoa eta nor giren haren amodioan, beraz nor den Emile, zuen anaia, koinata, oseba, kusi, auzo, herritar, diosesako apeza, ainitz tokitan egonik. Hiru hitz atxik ditzagun « gazteak, mintzaia, mendia ».

 

Quand on revoit le parcours de l’abbé Emile, nous l’entendons dire « les jeunes » et nous le voyons jusqu’au bout passionné par les jeunes, par la pastorale des jeunes. Après un an à la cathédrale de Bayonne, le voilà au Béarn, dans cette ville nouvelle de Mourenx, où se créent des entreprises, des associations et aussi des collèges et des lycées, après avoir été annexe de Pau. La passion des jeunes, la passion de réflexions, d’actions, de célébrations de jeunes le marquera pour toute la vie, jusqu’à la fin de sa vie terrestre. Nous espérons et nous croyons que le Seigneur lui donne l’éternelle jeunesse de sa miséricorde et de son salut.

 

Emile apezak beti maite zuen mintzatzea, Miarritzen, xutik ezarra du « Mintzaia » deitu omoneria, gaztek ukan zezaten toki bat, mintzatzeko beren geroaz, beren familiez, beren ixtudiez, beren jostetez etabar…Nahi zuen ere Jainkoaren hitza ez zadin izan liburu bat, bainan biziaren berri ona. Après son passage à l’institut supérieur de catéchèse à Paris, il a parcouru le diocèse pour mettre la parole de Dieu au centre de la catéchèse, avec des méthodes qui donnaient à la parole à chacun et à tous, créant parfois des discussions passionnées où personne n’écoutait personne mais Emile aimait ce qui sortait des sentiers battus…Qu’aujourd’hui, il entende la voix de celui qui l’avait choisi « entre dans la joie de ton maître, en compagnie de tous les sauvés, ceux de ta famille, ceux et celles que tu as accompagnés jusqu’au bout » C’est notre espérance et notre prière.

 

Enfin, le troisième mot, c’est la montagne. Je remarque que Jésus dans l’évangile monte à la montagne où il choisit les 12 apôtres et leur donne leur mission. Quand il était au Béarn, il connaissait et parcourait toujours avec d’autres des sentiers de montagne, ici, il n’a jamais renié la joie du parcours d’Oilandoi, et la vie des bergers ses amis, ses connaissances.

Mais il a dû aussi surmonter des montagnes de difficultés… Dès le départ de sa vie de prêtre, c’était le concile à accueillir et à appliquer et jusqu’à la fin, il a bataillé, quand il était curé de Hendaye il a affronté ceux qui refusent le concile et rêvent d’une église et d’une société de repli sur soi et sur le passé… Et puis ces dernières années, ça a été comme des collines et des montagnes d’accrocs de santé… Je retiens le symbole de la photo de cette célébration : Emile pas très grand de taille mais les bras grands ouverts à l’horizontale. Merci Emile de nous ouvrir aux autres, aux dimensions du monde, jusqu’au bout. Rencontre maintenant le Seigneur aux bras grands ouverts.

 

Pour terminer je retiens deux dates (pure coïncidence) dimanche prochain, à la demande du pape François c’est le dimanche de la parole, de la parole de Dieu. Cette parole de Dieu qui est bonne nouvelle, le pape écrit il ne s’agit pas de la balancer comme des pierres dans un hurlement…annoncer Jésus, c’est la rencontre avant les paroles… Emile n’avait pas une voix forte mais des convictions fortes de besoin de rencontres : qu’il soit accueilli par la Parole fait chair, qui le conduit au Père éternel dans le vent de l’Esprit. C’est notre foi et notre espérance.

Deuxième date, Emile a fermé les yeux à quelques heures de la fête de St Vincent, qui est le 22 janvier, patron d’Hendaye St Vincent où il a été curé pendant plus de dix ans… St Vincent le diacre qui a affronté persécution mais qui est resté fidèle, patron des vignerons rappel du vin de l’eucharistie qui réjouit le cœur de l’homme et rappelle celui qui nous a aimés, qui nous aime et nous aimera éternellement et à qui nous remettons Emile. « Ikus arte Jauna baitan, zaude bakean, ez zaitugu ahantziko ; ez ahantz, hemen kurutzatu guziak. » Amen.

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Oilandoi.png © Chapelle d'Oilandoi, cher à Emile
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Hommage :

Emile tu m’as dit l’été dernier, avant que la parole ne commence à te manquer, « Quand on dira une messe à Baigorry avant de me mettre en terre, parle et dis celui que j’ai été ici, avec les jeunes avec les groupes. Celui que j’ai voulu être. » 

Alors aujourd’hui le moment est venu de dire que tu as été un personnage central pour tous ceux qui t’ont rencontré et connu. Jamais tu n’as laissé passer un visage nouveau d’un adulte ou d’un jeune sans aller vers lui. Sans risquer la rencontre au plus profond au plus vrai au plus risqué de l’amitié.

Tous ceux qui ont croisé ton chemin voyaient aussitôt que tu étais accueil, hospitalité, non jugement, et surtout que tu savais discerner le tracas, le souci, la douleur cachée ou le nœud psychologique chez celui que tu écoutais. 

Ta passion, celle que tu nous as communiquée, aura consisté à réunir des groupes de partage autour de la Parole. C’était ta mission dans l’église partout où tu es passé. Mourenx, Anglet, Biarritz où nous t’avons connu et où tu nous as entraîné dans mille aventures, Hendaye en paroisse, Anglet de nouveau où tu aurais pu te reposer mais où tu essayais encore de rassembler des jeunes à Saint Anne. Puis Sare où tu as noué de solides amitiés. 

Des groupes de paroles, de partages, à tous les âges, tu en as suscité des centaines au cours de ta vie professionnelle. Je dis professionnelle car tu étais un travailleur infatigable. Lire, bosser, préparer, classer des documents de tous ordres. Mais aussi tenir la maison comme à Mintzaia, constituer des groupes de préparation des célébrations, former des animateurs qui étaient des objecteurs de conscience, pour les week-end, l’animation des groupes, les camps. Le tout au milieu de petits collégiens si agités et de plus grands lycéens pas toujours très calmes.

Merci Emile pour ces célébrations ou la beauté à travers l’imagination et l’implication des jeunes nous emplissait de joies. Merci pour les parents de l’aumônerie que tu rassemblais avec légèreté mais surtout un infini respect. Merci pour cette descente de l’Ossau face à la pente et où tu nous as fait trembler. Merci pour les soirées joyeuses dans la chaleur de l’amitié.

Tu nous disais, ne regardez pas le doigt pointé mais la direction qu‘il indique, et tu avais toujours ce doigt pointé vers Celui qui t’accompagnait et que sans relâche tu nous invitais à découvrir. 

Tu nous disais, qui est celui que l’on prie ? Le Père, le Fils ? Non c’est l’Esprit. Il est toujours offert à notre proximité, et il n’est pas de moment où sa présence soit impossible. 

Tu nous as provoqués nous et les jeunes à une foi adulte, informée, nourrie, sérieuse, critique aussi. Tu nous faisais travailler, lire, réfléchir, partager. Tu ne laissais pas passer tes désaccords et souvent ils étaient fondés. Comme tes indignations.

Tu n’aimais pas qu’on t’appelle « Père » tu étais pour tous Emile du prénom de ton baptême, mais comme un père, tu as engendré à la foi tant de jeunes et confirmé dans la foi tant d’adultes. 

Tu ne portais pas de signes distinctifs mais qui pouvait ignorer à Mourenx, à Anglet, à Biarritz, à Hendaye à Sare, à Banca ou Baigorri que tu étais un homme de Dieu, un homme de foi, habité et libre.  Une foi disais-tu, qui commence et qui s’exprime là où davantage d’humanité est possible. Et dont tu témoignais par la joie qui t’accompagnait même quand ton front était plissé. 

Tu n’aimais pas que l’on dise « je prie pour » et tu nous disais trouvez autre chose. 

Alors ce soir nous prions avec toi Emile. Tu as eu une vie incroyable de vrai vivant, car tu savais où est la source de la vraie vie et tu nous y as entraîné avec un tel élan qu’avec toi nous continuerons à vivre vraiment. 

"Bernard Contraires" 

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