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ND de la Bidassoa
Homélie du 17ème dimanche du temps ordinaire © ND de la Bidassoa

| LAVIGNE

Homélie du 17ème dimanche du temps ordinaire

17ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE   C

 

          Ce dimanche nous offre une excellente occasion pour réfléchir sur la prière chrétienne.

 

          Dans la première lecture, Abraham, implore le Seigneur pour Sodome et Gomorrhe, démontrant une confiance totale en Dieu. Son insistance, son audace font de lui un intercesseur hors pair. Mais ce n’est pas encore la prière chrétienne… c’était son ébauche.

 

          C’est Jésus qui propose, dans l'évangile, la prière par excellence, modèle de toutes les prières : le Notre Père. 

          Il n’est pas inutile de nous rappeler que l’évangéliste saint Luc plus que les autres évangélistes, nous présente Jésus comme un homme de prière.

 

          Ce jour-là, le voyant se retirer pour prier, comme si souvent, un de ses disciple lui demandent : « Apprends-nous à prier ».  

          Ce jour-là, Jésus n’a pas enseigné à ses apôtres une prière, mais une manière d’entrer en contact avec Dieu. Chaque phrase du Notre Père pourrait faire jaillir une prière. 

 

          Parenthèse exégétique et historique :

          Matthieu et Luc présentent deux versions un peu différentes du Notre Père. Aucun évangéliste n'a considéré les paroles de Jésus, reçues de la tradition, comme « immuables ». Pour eux, le Notre Père était une orientation générale et non une formule intouchable. Jésus n'a rien figé, n'a rien ritualisé. Et l'Église, dès les premiers temps, a toujours utilisé de multiples formules dans ses liturgies, tout en conservant une unité de fond. 

Revenons à notre évangile.

Dans ce modèle de prière qu’est le Notre Père, nous prions d’abord pour que soit sanctifié le nom de Dieu et pour que son règne arrive. 

« Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ».

Le Royaume de Dieu devient réalité dans la vie des gens lorsque notre monde est construit sur l’amour, la compassion, la justice, la liberté, la dignité humaine et la paix.

 

          En revanche, lorsque le nom de Dieu est méprisé et que tout ce qui est sacré est déshonoré, très souvent les relations humaines se détériorent. Quand Dieu est mis de côté, ou même profané, l’être humain a une fâcheuse tendance à devenir le centre de toutes décisions, à se faire Dieu. Et c’est le pire.

 

          Un bon exemple d’une société sans Dieu a été l’empire communiste. Les dirigeants de l’État détenaient le pouvoir de vie et de mort sur les citoyens, les goulags proliféraient, les injustices se multipliaient et la liberté n’existait pas. 

          Le même barbarisme a eu lieu dans l’Allemagne d’Hitler. Les Nazis avaient accaparé Dieu et l’utilisaient à leurs fins nationalistes : « Gott mit uns » (« Dieu avec nous ») figurait gravé sur les ceinturons des blonds guerriers allemands... Ceci a donné les carnages des fours crématoires d’Auschwitz et des autres camps de la mort.  

          Depuis une quarantaine d’années, dans différents pays du globe, nous avons connu des génocides à répétition par des gens qui prennent la place de Dieu et qui s’octroient le pouvoir de vie et de mort sur les autres.  

          Également, on tue et on s’immole au nom d’Allah… Allah akbar : « Dieu est le plus grand ».

          Chez les chrétiens comme chez les membres d’autres religions, le patriotisme poussé à outrance, uni à l’idéologie religieuse et au cléricalisme peuvent engendrer des abus et des injustices de toutes sortes. Véritables gifles à Dieu Père qui fait de nous ses fils et ses filles et donc des frères et sœurs confiés les uns aux autres.

 

          Le Christ nous invite donc à prier d’abord pour que le Royaume de Dieu arrive, un royaume d’amour, de justice et de paix. 

 

= Après avoir prié pour le règne de Dieu, le Notre Père nous invite à prier pour nous-mêmes

 

          Remarquez bien qu’il ne s’agit pas d’une prière privée, mais d’une prière communautaire : « donne-nous le pain dont nous avons besoin… pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons… ne nous laisse pas entrer en tentation… » Nous prions toujours au pluriel, au nom de la communauté. 

 

          Le Notre Père n’est pas une démission devant nos responsabilités et une demande à Dieu d’agir à notre place. Non.

Ce pourquoi nous prions, Dieu nous demande de l’accomplir, de le faire advenir avec lui, dans nos propres vies : Le règne de Dieu, le pain partagé, le pardon reçu et accordé, le refus de la tentation. 

 

          = Il est malheureux aujourd’hui que les gens déclarent n’avoir ni le temps ni le désir de prier. Certains pratiquent la méditation et d’autres techniques de bien-être… mais qui ne sont pas toujours de la prière.

          Prier, c’est ce qui nous permet de faire face aux difficultés de la vie, de rendre le monde meilleur, de nous  pardonner mutuellement, de construire la paix, de faire naître l’espérance, d’aimer Dieu et d’aimer notre prochain. 

 

          En tant que chrétien, il nous faut éviter de banaliser le Notre Père, de le répéter machinalement, de le réciter comme une poésie ou comme un perroquet… comme s’il s’agissait d’une formule de prière quelconque.

 

          Le Christ a voulu nous enseigner « une manière de prier » qui puisse s’adapter à toutes les circonstances et à toutes les époques. Prier ainsi est divin, nous fait entrer dans le cœur de Dieu et lui vient habiter le nôtre !

 

          Encore aujourd’hui, « Seigneur, apprends-nous à prier », apprends-nous à ne pas rougir de nos racines chrétiennes, à donner à Dieu la place qui lui revient et aux autres l’amour auquel ils ont droit.

 

                                                                     Amen

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