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L'Eglise
Première messe de l'abbé Baptiste Pochulu à l'église Saint Vincent le 5 juin 2020
Première messe de l'abbé Baptiste Pochulu à l'église Saint Vincent le 5 juin 2020

| ND de la Bidassoa

Première messe de l'abbé Baptiste Pochulu à l'église Saint Vincent le 5 juin 2020

"... Cette messe sera donc présidée par notre jeune abbé de 27 ans, ordonné prêtre à la Cathédrale de Bayonne samedi dernier.... "

Mot d’accueil par le curé,

Jean-Marc LAVIGNE

Bien chers frères et sœurs paroissiens de ND de la Bidassoa, bien chers parents et membres de la famille de Baptiste, bien chers amis venus entourer l’abbé Baptiste POCHULU pour sa première messe chez nous, chers amis vacanciers ou de passage.

Cette messe sera donc présidée par notre jeune abbé de 27 ans, ordonné prêtre à la Cathédrale de Bayonne samedi dernier.

Baptiste, tu n’es pas un inconnu à Hendaye, il y a longtemps que tu fréquentes ici des membres de ta famille, et celui qui prononcera l’homélie n’est autre que ton oncle à la mode de Bretagne, l’abbé Philippe BEITIA.

D’autres prêtres hendayais sont aussi présents autour de toi, les abbés Jean EGUIAZABAL et Philippe FABAS. Et nous pensons l’abbé Beñat FOURGS qui est en convalescence à Cambo.

Nous saluons aussi Louis LEGREL séminariste et ami de Baptiste qui représente tous les séminaristes de notre diocèse.

Et puis nos servants d’autel de tous âges et origines, de bons et fidèles serviteurs de la liturgie. Peut-être parmi eux y aura-t-il un prêtre et une religieuse ?

Quelle joie, mes amis, pour notre paroisse de voir monter à l’autel celui qui depuis deux ans est rattaché à notre communauté chrétienne d’Hendaye, Béhobie et Biriatou lors de ses vacances d’étudiant Romain.

C’est un honneur pour lui et pour nous. Il est l’un des nôtres, nous sommes dans son cœur.

Mais en ce moment, à Dieu seul l’honneur et la gloire de nos cœurs, Dieu qui par la célébration de cette première messe par l’abbé Baptiste POCHULU nous donne encore et toujours son Fils Jésus Parole Vivante et Pain de vie ; et qui nous modèle comme disciples et missionnaires.

Dans la joie et remplis de foi, entrons dans la prière.

 

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L'abbé Baptiste ferme la procession derrière les abbés Philippe Beitia, Jean-Marc Lavigne, Jean Eguiazabal et Philippe Fabas

 

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L'autel sacré : " Dans la nouvelle Alliance, le Christ est à la fois l’autel, comme Dieu, la victime et le prêtre, en tant qu’homme " (Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie)

 

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L'abbé Jean-Marc accueille l'abbé Baptiste devant, au premier banc, sa famille

 

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Louis LE GRELL, séminariste et ami de l'abbé Baptiste, pour la première lecture. 

Puis l'abbé Jean-Marc pour le psaume.

 

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Homélie de l'abbé Philippe BEITIA

Cher Baptiste, Chers frères et sœurs,

Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !

Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux,

pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. […]

Il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations.

Dans cette proclamation de Zacharie, vous avez reconnu, frères et sœurs, l’annonce prophétique de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, le jour des Rameaux.

 Dans un livre fameux, édité une première fois en 1979, puis réédité ensuite à cause de son succès et encore en 2006, le cardinal Etchegaray a commenté ce texte. Mais au lieu de centrer son attention, comme de coutume, sur le Christ entrant à Jérusalem, il l’a porté sur l’ânon qui portait le Seigneur. ou, pour être plus exact sur Jésus et sur sa monture.

Je ne résiste pas à la tentation de vous faire connaître ce texte nourri d’une belle sève spirituelle. Je cite le cardinal qui se compare à cet animal :

 J’avance comme un âne

Oui, comme cet animal qu’un dictionnaire biblique décrit ainsi :

« L’âne de Palestine est très vigoureux, souffre peu de la chaleur, se nourrit de chardons ; la forme de ses sabots rend sa marche très sûre ; enfin son entretien est peu coûteux. Ses seuls défauts sont l’entêtement et la paresse. »

 J’avance comme l’âne de Jérusalem dont le Messie, un jour des Rameaux, fit une monture royale et pacifique. Je ne sais pas grand-chose mais je sais que je porte le Christ sur mon dos et j’en suis plus fier que d’être Basque. Je le porte, mais c’est lui qui me mène. Je sais qu’il me conduit vers son Royaume où je me prélasserai sans fin dans de verts pâturages.

J’avance à petits pas. Par des chemins escarpés, loin de ces autoroutes où la vitesse vous empêche de reconnaître monture et cavalier. Quand je bute contre une pierre, mon Maître doit être bien cahoté, mais il ne me reproche jamais rien. C’est merveilleux comme il est gentil et patient avec moi : il me laisse le temps de saluer la ravissante ânesse de Balaam, de rêver devant un champ de lavande, d’oublier même que je le porte.

J’avance, en silence. C’est fou comme on se comprend sans parler ; d’ailleurs, je n’entends pas trop quand il me souffle des mots à l’oreille. La seule parole de lui que j’ai comprise semblait être pour moi tout seul et je puis témoigner de sa vérité : « Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger » (Mt 11, 30).

C’est comme, foi d’animal, quand je portais allègrement sa mère vers Bethléem, un soir de Noël : « Elle pesait peu, n’étant occupée que de l’avenir en elle », c’est Jules Supervielle, le poète ami des ânes qui l’a dit.

J’avance dans la joie. Quand je veux chanter ses louanges, je fais un boucan de tous les diables, je chante faux. Lui, alors, il rit de bon cœur, d’un rire qui transforme les ornières en piste de danse et mes sabots en sandales de vent. Ces jours-là, je vous jure, on en fait du chemin ! J’avance, j’avance comme un âne qui porte le Christ sur son dos.

 Je ne sais trop, Baptiste, si l’évocation du grand cardinal basque augure pour toi, l’accès, quelque jour, à une haute dignité doublée d’une grande responsabilité et d’un grand service ecclésial. Mais si cela devait arriver, ce serait sûrement à un moment où la plupart d’entre nous aurait quitté ce monde et, comme aurait dit ton grand-père maternel, nous le verrions du balcon et nous nous en réjouirions.

 Mais il est une autre pourpre, plus précieuse que celle dont les tailleurs romains font l’habit des cardinaux et dont tu as été revêtu par l’ordination sacerdotale : celle du don de l’Esprit Saint, de son amour, de son feu, de son zèle. Ce vêtement spirituel, il s’agit de s’en revêtir.

Nul doute puisque tu fais de belles études que tu pourrais traduire en un langage plus théologique la méditation du cardinal Etchegaray.

Il y est dit des choses importantes à l’aube de ton ministère sacerdotal.

Certes, tu es appelé à porter le Christ en le laissant d’abord transparaître dans ta vie, en annonçant sa Parole de mille manières, en célébrant les saints mystères, l’eucharistie et les autres sacrements, dans ton accompagnement des personnes et des communautés. Tu es appelé à le porter mais c’est lui qui te porte. C’est ce que rappelle l’une des antiennes de l’office de la Chandeleur. L’Eglise, contemplant le vieillard Syméon portant l’Enfant Jésus dans ses bras s’exclame : Senex puerum portabat, puer autem senem regebat. Le vieillard portait l’Enfant mais c’est toutefois l’Enfant qui conduisait le vieillard. Le Christ nous porte. Qu’est-ce à dire ? Par l’Ordination, une alliance est établie entre le Christ et le prêtre, une alliance pour toujours, à laquelle Jésus ne renonce pas. Le prêtre dans son ministère, dans ses moments de réussite mais aussi de fragilité, de doute, de péché peut compter sur le Christ pour poursuivre et tenir.

Dans la Lettre aux Hébreux, l’auteur sacré note : Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition. Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. Cette solidarité du Christ, Jésus te demande de la partager et de la vivre. Il est question, dans la Lettre aux Hébreux, d’une solidarité avec les hommes de chair et de sang. Avec les hommes et les femmes non tels qu’on les rêve mais tels qu’ils sont – avec leur histoire, leur psychologie, leur condition sociale, leur cheminement, leurs réussites, leurs errements, leurs questions, leurs doutes, que sais-je ? Il n’y a pas de sacerdoce possible, de sacerdoce fructueux si on n’entre pas dans cette attitude, si on n’est pas proche, si on n’a pas de sympathie, gratuite certes mais aussi pour aider à cheminer selon le Christ. Il vous faudra vous souvenir – note ce grand spirituel, disciple de Charles de Foucauld, qu’est le Père Voillaume - que chaque homme est, à l’image de Dieu, un absolu. Ce n’est pas perdre son temps que d’aimer le plus petit des hommes comme un frère, comme s’il était seul au monde[1].

Enfin, l’Eglise nous enseigne que, par l’ordination, le prêtre est marqué d’un caractère sacré qu’elle définit comme une marque spirituelle ineffaçable. Par l’ordination, tu as reçu, pour toujours, le caractère sacerdotal. Tu as été configuré au Christ Prêtre, Pasteur et Chef de son Eglise. Qu’est ce caractère ? Á travers la grâce, le ministère et la vie des prêtres, apparaît, en filigrane, la figure du Christ qu'ils représentent. Et donc, à travers ta vie et ton ministère te sera donné de révéler la figure du Christ, devra apparaître cette figure du Christ car, comme tu le sais, il s’agit d’être fidèle à la grâce qui nous est donnée. Du Christ, rassemblant apôtres et disciples pour les initier et leur donner de partager sa mission, mission qui ne devait pas se limiter aux brebis perdues de la maison d'Israël mais embrasser toute l'humanité. Du Christ, annonçant sa parole à ces foules nombreuses qui le suivaient et qui étaient comme des brebis sans berger. Du Christ, apportant la Bonne Nouvelle de l'amour du Père, la Bonne Nouvelle du relèvement aux pécheurs et aux gens éloignés comme Zachée ou Marie-Madeleine. Du Christ, compatissant envers les malades et les blessés de la vie et leur donnant d'aller de l'avant. Du Christ, invitant les hommes à ressembler à Dieu en vivant selon l'Esprit des béatitudes. Telle est l'image du Christ, le caractère du Christ, qui a été inscrit en toi par l'imposition des mains et le don du Saint Esprit lors de ton ordination sacerdotale.

Tel est ce vers quoi l’Esprit qui t’a été donné te mènera si tu lui es fidèle. Telle est ce que la liturgie appelle avec bonheur la dignité du Sacerdoce.

Telle est aussi le témoignage du Christ que l'Église, que votre communauté chrétienne, chers frères et sœurs, doit, en vertu du baptême, faire resplendir et incarner dans le monde des hommes, soutenue par le ministère de vos prêtres, par le ministère du Christ.


[1] Frères de tous, Cerf, Paris, 1967, p. 14.

 

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Prière universelle par la mère de l'abbé Baptiste - Toujours règle de distanciation pour l'assemblée

 

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Epiclèse : 

"« Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; 

qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur ».

 

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" Mon Seigneur et mon Dieu ! "

 

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L'abbé Jean-Marc annonce la possibilité de recevoir une bénédiction personnelle par le nouveau prêtre après la messe.

Avant la bénédiction finale, l'abbé baptiste témoigne de son désir d'être "un prêtre que l'on use car un prêtre que l'on use pas est un prêtre mort !"

Lors de ses remerciements, Baptiste a été envahi d'une profonde émotion (au souvenir d'une évocation "de l'autre côté du balcon" !...) qui a touché toute l'assemblée !

 

 

Bénédiction personnelle dans un beau moment d'échange chaleureux !

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"... Quelle joie, mes amis, pour notre paroisse de voir monter à l’autel celui qui depuis deux ans est rattaché à notre communauté chrétienne d’Hendaye, Béhobie et Biriatou lors de ses vacances d’étudiant romain...."

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